Société d’art et d’Histoire du Mentonnais

Livre : « Brandi Mentounasc » (recueil de poésies de Jean Ansaldi)

samedi 30 octobre 2010 par Jean-Louis CASERIO

La collection des écrits du pays mentonnais « U scriche dou Païs Mentounasc » de la SAHM, s’enrichit d’un nouveau titre : Brandi Mentounasc, un bel ouvrage poétique de Jean Ansaldi. L’auteur de la « Gramàtica dou Mentounasc » (2009), publie cette année un recueil de poésies qui témoigne de ses retrouvailles avec le dialecte mentonnais qui fut et demeure la forme occitane dans laquelle il est né et a été élevé. On y trouvera :

21 poèmes en Mentounasc suivis d’un en Provençau Rodanenc et d’un autre en Lengadocian pour marquer symboliquement que le retour au dialecte de son enfance ne signifie pas l’abandon de ceux qui l’ont accueilli à Uzès et à Montpellier. Jean Ansaldi (Printemps des Poètes 2010) Photo R.Paget

Deux récits narratifs d’enfance en temps de guerre (en graphie classique) et leur traduction en Français : O fator du Monti (Le facteur de Monti) et A scòla do tempe fa (L’école du temps jadis).

Après avoir publié des séries de poèmes en Provençal Rhodanien et quelques-uns plus rares en Languedocien (A l’entorn del paire en 2007, l’espèra dau Mendicaire en 2008), Jean Ansaldi revient ainsi à sa langue maternelle, le Mentounasc qu’il n’a jamais oublié.

Il n’a pas pour autant l’impression de changer de monde : Mentonnais, Niçois, Brigasque, Gavot alpin, Provençal, Languedocien, Gascon et bien d’autres encore, ce ne sont jamais que des dialectes divers d’une même langue occitane. Toutefois, avec le Mentounasc que l’auteur a parlé avant le Français, sont associées tellement d’impressions de l’enfance, de ces moments où se forge une personnalité, qu’il ne peut s’y aventurer sans une grande émotion. La langue maternelle est ineffaçable car en elle s’est moulée l’indestructible empreinte d’une existence…

« Ces poèmes et textes sont certes marqués par l’âge, écrit Jean Ansaldi. Mais ils disent aussi l’espoir d’un avenir possible pour ma langue maternelle. Merci à ceux qui, localement, luttent pour lui maintenir la tête hors de l’eau. Précisons encore, mais cela va sans dire, que seuls les textes occitans se veulent habités par une dimension poétique. Les traductions françaises ne peuvent que suggérer le sens dans une prose assez banale. »

Ou Bouasc-Fouran
Ent’ ou Bouasc-Fouran n’ai pran passà de oure

a fagoutà de legna de pen, de lamboursìe,

de rouhe, de castagnìe, d’ourmelen, de cassìe,

per nourrì rou fournelou e desrugà ru mourre.

Ent’ e branque d’en su, ru esquiroù sautàvan ;

rou merlou e r’aurìou qu’éran sempre vesì

jougnàvan soue cançoù dame ru bervesì ;

re leste balarine au solou pitassàvan.

Per u nouaishe counilhe campàvan de ramete ;

de vote se moustrava un cantan de maousse ;

sus’ e ribe oumbràie cercàvan quarque pousse

de verde capiroù e d’autre bouan’ erbete.

Emparava ben mai aishì dame moun paire

que d’anà a ra scora que m’apiejhìa gaire.
L’Ubac-Foran
J’en ai passé des heures dans l’Ubac-Foran

à fagoter du bois de pin et d’arbousier,

de chêne et châtaignier, d’ormeau et d’acacia,

pour nourrir le fourneau, dérider les visages.

Dans les branches du haut les écureuils sautaient ;

le merle et le loriot qui vivaient en voisins

réunissaient leurs chants avec ceux des mésanges ;

quelques bergeronnettes sur le sol picoraient.

Pour nos lapins en cage, on ramassait des tiges ;

parfois on découvrait un frais recoin de fraises ;

sur les pentes ombragées on recherchait les pousses

de pissenlits bien verts et d’autres bonnes herbes.

J’en apprenais bien plus à suivre ainsi mon père

qu’à fréquenter l’école qui ne me plaisait guère.

L’ouvrage est disponible à la SAHM, 3, rue longue à Menton, au prix de 12€ (ajouter 4,50€ pour un envoi à domicile)


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