Société d’art et d’Histoire du Mentonnais

E fioù de San-Jouan, la revirada de la St Jean....

samedi 24 juin 2017 par Jean-Louis CASERIO

Un texte en français et sa revirada en mentonnais

E FIOÙ DE SAN-JOUAN
Ou mes de San-Jouan es arribà. Cregnù du scoulari e du studente que devan passà esame e bachelerà, mà tant asperà du autre pèr ou temp de vacance, da spiaja e du bagne ent’a marina, de béle proumenade pèr u jorne aloungà e pèr à douçoù da nuech.
San-Jouan es ou mes du jardì e a festa de fioù. D’un temp, tout aquele fioù ournavan ou tùmarou da proufessìa da « Fête-Dieu ».
Ou gai issa a soua courola bianca. R’arc-balen despiega a soua camba. A fioù de liss acoumpagna u ganéfari du pouete e a coumpagnìa de margarite. E pascaline creishan ent’u couspe d’erba. Un piantan de jaussemen se mèsquia ent’una firagna pèr fà un belou boushian. A peònia, aquela résoura de Gramound fa courre damount u Castelarenque. E a pourraca que, temp-fa, u mentounasque mandavan en Ingletèrra pèr counfeciounà de belu bouquete da spousa pèr u mariage inglese ! Un coumerchou prousperous, ma ancuhi despareishù.
Mà, San-Jouan ese tamben a stajan da regina de fioù : a résoura, de toute couroù, n’ou proufum delicà, fràgila e spinousa, simbòlou d’amoù e de teneressa… Da Ronsard fint’a Aragon, de Malherbe à Nerval, tantu pouete r’an cantàia. Quatre mila varietà de résoure esistan de pèr ou moundou… Fint’a pianta servage qu’ese r’agranìe.
Pèr San-Jouan, u lujhambò fan lume, a sera, souta u limounìe e u pourtougalìe ent’una remourina de belùgoure. E susa u camì, à r’entrebren, u enfante s’en anavan à chapà u lujambò en cantent aquela sounada : « Lujhambò, cara un poc, cara aquì que te dounou de pan, de ven, de fave. Lujherna, carerma, cara aquì que te metou ent’a lanterna… »
San Jouan es encara temp de culhì-se ou tilhou e de fa secà e fioù sus’una canissa pèr servà-re ent’una scàtoura pèr fa n’en d’enfusioù renoumàie e recoumandàie pèr durmì ben, pèr fa passà ou mà de testa e couentra e marautìe du parmoù, a nervousità e r’angoùshia. Sierve tamben pèr neteà a testa e apress un ban past, ou tilhou ajuherà pèr fa degerì. Dedicà à Venus, ou tilhou es empiegà despù sempre en medecina poupulari.
Car teni-se n’ou ment qu’era ent’una tassa de tilhou qu’a tanta de Proust, bagnetava a famousa madarena que rou gust devìa jugà un gran rolou ente r’obra dou scrivan…
Jean-Louis Caserio, Majoral du Félibrige

JUIN, LE MOIS DES FLEURS

Le mois de juin est là. Craint des lycéens et des étudiants à l’approche des examens et du baccalauréat, mais tellement attendu : c’est le temps des vacances, de la plage et des bains de mer, des belles promenades pour les journées les plus longues et la douceur de la nuit.
Juin, c’est aussi le mois des jardins et la fête des fleurs. Autrefois, les fleurs ornaient les motifs de la procession de la Fête-Dieu.
L’arum sauvage dresse sa corolle blanche. L’iris allonge sa tige. La fleur de lys accompagne l’œillet des poètes et les marguerites. Les pâquerettes poussent dans le gazon. Un plant de jasmin forme un beau buisson. La pivoine, cette « rose du Grammondo » fait courir les Castellarois. Et les jacinthes que les Mentonnais envoyaient autrefois en Angleterre pour confectionner le très apprécié bouquet de la mariée ! Un commerce prospère aujourd’hui disparu.
Mais, Juin c’est aussi la saison de la reine des fleurs : la rose, de toutes les couleurs, au parfum délicat, fragile et piquante, symbole d’amour et de tendresse… De Ronsard à Aragon, de Malherbe à Nerval, tant de poètes l’ont chantée. Quatre mille variétés de rose existent de par le monde... jusqu’à l’églantier, le rosier sauvage.
Avec juin apparaissent les lucioles qui mettent, le soir, sous les citronniers et orangers, des tourbillons d’étincelles. Et, autrefois, sur les chemins, à la nuit tombante les enfants s’en allaient capturer les lucioles en chantant cet appel en forme de promesse : « Luciole, descends un peu, descends ici que je te donne du pain, du vin, des fèves. Ver-luisant, fait carême, viens ici que je te mette dans la lanterne… ».
Juin, il est temps de cueillir le tilleul et d’en faire sécher les fleurs sur une claie puis de les conserver dans une boite pour en faire, le moment venu, des infusions recommandées pour favoriser le sommeil, lutter contre la migraine et les maladies respiratoires, l’angoisse et calmer les nerfs ! Le tilleul est aussi un allié en cosmétologie, et après un bon repas, il favorisera la digestion. Dédié à Vénus, le tilleul a toujours été très utilisé par la médecine populaire.
Il faut se souvenir que c’était dans une tasse de tilleul que la tante de Proust, trempait la fameuse madeleine dont la saveur devait jouer un grand rôle dans l’œuvre de l’écrivain…
Jean-Louis Caserio, Majoral du Félibrige


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