Société d’art et d’Histoire du Mentonnais
Texte en français et sa revirada en mentounasc

Etape du 37ème Tour de France à Menton

... et le proverbe !
samedi 15 juillet 2017 par Richard LAFFITTE

1950 : UN GAMIN MENTONNAIS RACONTE L’ARRIVÉE DU 37ÈME TOUR DE FRANCE CYCLISTE À MENTON

1950 : Cette année-là, un véritable coup de tonnerre s’abattit sur le Tour. Les deux équipes italiennes engagées (nazionale et cadetti),de surcroît détentrices de la casque jaune, portée par le mi-campionissimo, Fiorenzo Magni au crâne aussi dénudé que le Ventoux, se retirèrent de la course au terme de la première étape pyrénéenne. Bartali, l’idole de tout un peuple au-delà des Alpes, Gino, le pieux ou le vieux, renonçait à poursuivre l’épreuve, entraînant dans son retrait peu glorieux, la totalité de ses troupes. Prétexte invoqué : le manque de sportivité du public français envers sa personne caracolant en tête sur les sommets des Pyrénées, qui lui fit craindre pour son intégrité physique. Sans doute les relents d’un conflit armé encore tout chaud, ô combien difficiles à évacuer !
Bref, cet intermède impromptu incita les organisateurs à supprimer, en bout de parcours, le tronçon transalpin, redoutant les probables représailles de « tifosi » revanchards ! L’étape, partie de Toulon et qui devait s’achever à San Remo, se trouva amputée d’une bonne trentaine de kilomètres, me privant ainsi d’un deuxième passage du Tour sous nos fenêtres. En contrepartie, la Grande Boucle faisait escale à Menton. Je n’y perdais pas au change, du moins je le supposais.
L’arrivée fut jugée à hauteur de la Place d’Armes sur cette chaussée large et roulante baptisée depuis « Avenue du Général de Gaulle ». Enfin, c’est ce qui m’avait été dit, car pour ce qui fut de voir triompher, en solitaire, un opiniâtre Luxembourgeois nommé Diederich, je m’en remis à la parole de mon père.
Peu disciplinée et surtout préparée à la hâte à un évènement d’une telle envergure, la foule mentonnaise, agglutinée contre les barrières de sécurité, interdisait à tout bipède émergeant à moins de soixante-dix centimètres de distinguer le maillot d’un coureur. Mon père, nanti, et même au-delà, de l’altitude requise, m’avait abandonné, adossé à un platane centenaire, en me faisant promettre de ne pas m’éloigner avant son retour. J’en aurais bouffé l’écorce de dépit.
Les pétarades discordantes des voitures suiveuses, les vociférations nasillardes de micros peu performants (le futur et incontournable « télévision-man » Edmond Mariani faisait ses classes !) qui déclenchaient des vivats assourdissants et des acclamations crépitantes ponctuant chaque passage sur la ligne, voilà tout ce que je retiens de cette journée que j’avais souhaitée mémorable.
Mon père me retrouvant là où il m’avait posé, encore tout frissonnant des émotions qu’il avait vécues en direct et … de visu, me délivra, faisant montre d’un aplomb sans vergogne que je n’étais pas près de lui pardonner, un laconique et sans appel : « des Tours de France tu auras le temps d’en voir ! » Pas à Menton en tout cas !...
Richard Laffitte

R’ARRIVOU À MENTAN DOU 37EME GIROU DE FRANÇA CICLISTA
TRAVIST DA UN PICHAN MENTOUNASC

1950 : Aquest’ann, un verou cataclismou ese carà sus’ou Girou. Re doue squipe taliane engajàie (nazionale e cadetti), que de mài detenìan ra casaca jauna pourtàia da ou campionissimo Fiorenzo Magni qu’avìa a suca peràia couma ou Ventoux, se san levàie d’ou Girou à ra fen da prima tapa ent’ e Pyrené. Bartali, idolou de tout un pòpoulou en là de Arpe, Gino, ou pious o ou vielh, renounciava à poursuive ra prova stirassent ra toutalità da soua banda ent’ou sen retirou poc glorious. Pretest envoucà : ra mancança de spourtività dou pùblicou francès pèr ra soua persouna caracoulent ou primou sus e cime de Pyrené, qu’i ha fach cregne pèr ra soua entegrità fìsica. Da segù, u reste da guerra encara toute caude, aishì difichile da desfà-se n’en !
Per counclude, aquest aveniment emprevisìbile ha enchità u ourganisatoù à levà ou toc en là de Arpe perqué cregnìan de proubàbile rapresalhe du « tifosi » revinchitoù ! Ra tapa, partìa da Toulan pèr fenì à San Remo, ese stacha scurchàia d’una trentena de kiloumetre, e m’ha de ressaut privà dou passage souta u noaishe barcoù. En coumpensacian, ou Girou fasìa escala à Mentan ; noun i perdìa ren, au menou me rou creìa.
R’arribou ese stach jujà ent’ a Piaça d’Arme sus’ aquelou camen larg e pràticou nouminà despuhi « Avenue du Général de Gaulle ». Anfen, es ço que m’avìan dich, perqué pèr vé ou triounfou, en soulitari, d’un Lussembourguès testard sounà Diederich, me su crét ra paraula de moun paire.
Poc disciplinà e soubratout lestì en spreisha pèr un aveniment d’una tale envergura, ou moundou mentounasc, aglutinà arrent e creste de seguretà, empachava tout aquelu que noun despassavan aquele creste d’au menou setanta centimetre de vé ra couroù da casaca d’un coursìe. Moun paire talament pu grann m’avìa laishà, rambà à una platana centenari, en me fasent proumete de noun aluegnà-me avanch ou sen retorn. De despiech aurìa manjà ra sgùercha de r’erbou !
Re peteade discourdente de vature que suivìan, u ralhe du parlà-foart dam’ ou nas poc perfourmante (ou futurou « Télévision-man » Edmond Mariani coumençava aquelou travalh) desganchavan de « viva ! » enlourdishent e d’aclamacioù crepitente poutejent cada passage sus’a ligna, ese tout ço que retengou d’aquela journàia qu’avìa auguràia memouràbile.
Moun paire, me retrovant ailì douna m’avìa laishà, encara tout tremourent du bate-couhe qu’elou avìa ressentì diretamente e … de visù, me di, dam’ un apioumb sensa vergougna qu’aurai de ma à perdounà, un court : « de Giri de França, aural temp de vé ‘n en tantu ! » Pa à Mentan en toute casu !...
Revirada Solange Mongondry-Barbéris, Felibressa Mantenairis

PROVERBE DE LA SEMAINE :
Aranja acò couma ou gat aranja e bugue
Il arrange cela comme le chat arrange les poissons – faire mal quelque chose)


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