Société d’art et d’Histoire du Mentonnais

Le Nescanard

Une attraction qui faisait fureur dans les années 1950...
samedi 22 juillet 2017 par Jean claude VOLPI

Une attraction qui faisait fureur dans les années 1950...

LE NESCANARD

Qui se souvient du Nescanard ? Il s’agissait d’une barge de débarquement américaine qui faisait faire un tour en mer aux enfants à la plage des Sablettes. C’était Nestlé qui faisait ça l’été dans les années 1953 à 1956...
C’est vrai, le souvenir est toujours là pour ceux qui l’ont connu... Quelques fois en juillet puis en août, le haut-parleur de la camionnette publicitaire Nestlé parcourait la ville en hurlant un rendez-vous très prisé donné à la plage des Sablettes. C’était une véritable invitation pour une croisière inoubliable sur un petit navire amphibie. Un monde fou attendait sur la plage au droit de la première voûte et au bas des escaliers en bois.
Surtout les enfants, munis de leur vignette obligatoire, preuve d’achat d’un produit Nestlé pour pouvoir bénéficier d’un tour gratis en mer. Quelques-uns font la queue avec les parents qui ne seront pas autorisés à monter à bord.
C’est mon tour ! J’y vais ? J’y vais pas (j’ai 8 ans) ! Mais les autres poussent derrière, surtout mon frère aîné Robert. Je me retrouve au bas d’une rustique échelle de coupée posée contre le flanc. Je tire fort sur mes petits bras et me hisse comme un vrai matelot tout en haut... mon Marcel et mon bob blancs complètent ma panoplie mentounasque de marin d’eau douce...
On me fait enfiler une brassière. Je m’assois à côté des autres copains-passagers du moment. On nous donne un chapeau de marin français en papier crépon bleu marine ou blanc surmonté d’un ersatz de pompon rouge ; un bandeau blanc serre-tête à l’embase.
Maintenant l’équipage (deux adultes) enlève l’échelle métallique. Quelques coups d’un klaxon poussif, un soubresaut qui secoue aussi la petite barque de secours suspendue à l’arrière, un panache de fumée, les roues qui se meuvent sur le sable gris et humide, le Nescanard, ce véhicule amphibie glisse vers les clapotis des premières vaguelettes. Sur l’onde, les baigneurs s’écartent pour laisser passer la barcasse colorée et festive. A une dizaine de mètres du rivage, l’hélice prend le relais pour la propulsion de la coque, les roues ne touchant plus le fond.
Le Nescanard navigue et s’éloigne pour notre plus grand plaisir. Le grand pavois et le drapeau français, à l’arrière, claquent dans la brise légère de la baie au droit de la Pergola puis une grande giration vers celle du vieux port, la Ciapetta en fond d’écran... Un petit tour en mer – pour tous, trop bref - et nous voilà de retour !
Néanmoins heureux d’avoir vécu cette courte aventure nautique… haute en couleur.
Note : Pourquoi le nom de Nescanard ? Ce véhicule s’appelait le DUKW 353, d’où le surnom de ’’Duck’’, donné par les GI américains, et traduit par ’’canard’’ et ’’Nes’’ pour Nestlé.
Jean Claude Volpi

UN’ATRACIAN QU’ENTOUSIASMAVA ENT’ U ANNE 1950 …
OU NESCANARD

Qù ese que se n’avisa dou Nescanard ? Toucava una beta dou desbarcament americana que menava u enfante da spiaja de Sabiette à fà un girou sus’ a marina. Era Nestlé qu’ourganisava acò r’estade… m’en avisou ! au virou d’u anne 1953 à 1956…
Ese vé, ou souvenì ese sempre ‘n ou ment pèr aquelu que r’han counoushù... Quarque vote ent’ ou mes da Madarena puhi aquelou da Madona, ou parla-foart da camiouneta publicitari Nestlé fasìa ou virou dou païs e dounava, en ralhent, un rende-vou pran stimà sus’ a spiaja de Sabiette. Era una vera envitacian per una crousiera enscourdàbile sus’ un pichan bastiment anfibì. Pran de gente asperavan sus’ a spiaja davanch a prima vouta e au soutran de scare de boasc.
Dam’a soua vigneta óubrigatòri, pèr provà qu’un prouduch Nestlé era stach catà e que se pourìa beneficià d’un virou à grati sus’ a marina, pran d’enfante asperavan ; quarqù fasìan ra couha dam’ u se parente que noun seran autourisà d’anà en sus’ ou bastiment. Es ou men virou ! Anerai ? Noun anerai (avìa basta 8 anne) ! Ma u autre rounsavan de darràire, soubretout moun fraire Robert qu’es ou pù vielh. Me trovou en ju d’una scareta rùstica rambàia au fianc dou bastiment. Tirou foart sus’ u me pichoù brasse e me issou fint de d’aut couma un verou matalò… ou men Marcel e ou men bob bianque coumpietan ma tengùa mentounasca de marenìe d’aiga douça …
Me fan mete una brassiera. M’assetou dapé u autre passagé-camberade dou moument. Me dounan un capé de matalò francès de papìe crespan blu maren o bianc dam’ una soarta de poumpan rouss ; e pèr tenì-rou una benda bianca en virou de testa.
Ahura, r’equipage (dou ome) leva ra scara metàlica ; quarque coarpe de corna en marrì statou, un ressaut que scoarla fint’ a barqueta de soucours pendùa en raire, un chufou de fum, e rode que boustican sus’ a sàbia grisa e ùmida, ou Nescanard, aquelou vehìculou anfibì sguilha vers ou cascalhan de primi pichou amà. Susa r’aiga, u bagnahoù se scartan per laishà passà ra barcassa de festa piena de couroù. A una diejhena de metre da riba da marina, r’eliça pilha ra releva per fà avançà ou bastiment, re rode noun tocan pu ou found.
Ou Nescanard barqueja e descousta pèr ou noaishe pu grann pieijhé. Ou pajostrou e ra bandiera francese, en raire, choucan ent’ ou ventilhan lengìe de r’ansa davanch a Pèrgola puhi una granna vira-vota vers aquela dou Poart Vielh, ra Ciapetta en found da vista… Un pichan girou susa marina –trop court pèr toute- e sema de retorn !
Quaumeme erouse d’avé augù aquela pichouna aventura nautica…de granna entensità.
Revirada Solange Mongondry-Barbéris
Felibressa mantenairis


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