Société d’art et d’Histoire du Mentonnais
Le « Coin du Mentounasc », dans Nice-Matin

La vie galante à Roquebrune-Cap-Martin

lundi 11 décembre 2017 par Francis ZUNINO

Jusqu’à la fin du 19e siècle, Carnolès conservera un aspect sauvage et campagnard.
Au début du 20e siècle, les casernes s’y installent à partir de 1887 et ......

Ainsi la veuve Toselli Catherine sollicite l’autorisation d’exploiter d’une maison de tolérance conforme aux lois.......

LA VIE GALANTE À ROQUEBRUNE-CAP-MARTIN

Jusqu’à la fin du 19e siècle, Carnolès conservera un aspect sauvage et campagnard. Au début du 20e siècle, les casernes s’y installent à partir de 1887 et le tramway, depuis 1903 fait un crochet pour traverser son centre. Carnolès découvre alors l’urbanisation en tant que « quartier louche ». Les sorties des chasseurs et leurs vagabondages en ville sont la cause indirecte de la mauvaise réputation du quartier. Dans les journaux locaux on parle de « foyer de dépravation intolérable », de « centre infectieux de prostitution », de « buvettes interlopes ». Certaines personnes veulent profiter de la situation qui s’installe. Ainsi la veuve Toselli Catherine sollicite l’autorisation d’exploiter d’une maison de tolérance conforme aux lois, elle écrit : « si cette faveur m’est accordée, elle donnera un résultat salutaire tant au point de vue moral que sanitaire. On ne verra plus au grand jour ces marchandes de plaisir sillonnées les routes du Cap Martin, attirant dans les nombreuses buvettes les jeunes gens de tous âges ou aborder les paisibles étrangers dont le seul but est une promenade au Cap... Cette maison s’impose d’autant plus que la caserne du 27ème bataillon est située sur la commune et que les fils de familles de ce bataillon n’auront plus à regretter la rencontre de ces hirondelles vagabondes dans les rues. Enfin elle retiendrait bien souvent le soldat près de sa caserne en lui évitant les ennuis de l’estaminet. ». D’autres ont une autre attitude et des personnes respectables signent une pétition proclamant : « les buvettes avec femmes de mœurs légères montrent sur la route du Cap un tel scandale en plein jour à un point même que personne n’ose plus passer. Considérant que le Colonel du 27ème chasseur a été obligé de consigner toutes ces maisons pour cause de maladies, considérant que c’est la perte des jeunes gens de notre localité, nous vous prions dans les plus brefs délais de faire cesser ces mœurs. ». En 1911, le docteur Chaboux écrit au Préfet « Carnolès quartier populeux, mal tenu, mal éclairé, mal surveillé fait ainsi contraste très remarqué avec Menton dont il est le prolongement. C’est le repaire des mauvais garnements des environs, avec buvettes à femmes galantes, dangers pour la santé publique, son sous-sol sans écoulement pour les eaux usées deviendra rapidement un foyer d’infection en raison du manque de surveillance au point de vue hygiène, des épidémies éclateront rapidement. ». Gustave Amarante rajoute « à Carnolès, pas de police, pas d’hygiène, on y vole à l’esbroufe, on y viole, on y assassine, on y cambriole en plein jour. Par sa situation le Carnolès est devenu le refuge de tous les malfaiteurs traqués par les polices voisines de Monaco, Menton et Vintimille. A cause des casernes du 27ème bataillon d’alpins les établissements louches y foisonnent et tous les repris de justice y trouvent un asile sûr ». Mais Carnolès n’a pas l’exclusivité de la prostitution, au Cap Martin le « Faisan Doré » célèbre par sa cuisine et son ombrage a la réputation de recevoir des « hétaïres professionnelles du vice », pour une clientèle plus huppée, les officiers des chasseurs ne dédaignaient pas leurs fréquentations. A St Roman, la création de Monte-Carlo et du Casino a attiré toute une population d’émigrés, surtout italiens, qui avaient une activité privilégiée avec la Principauté. Quelques maisons closes s’y sont installées dont une à l’enseigne de « L’Aviateur », sans doute pour mieux amener le client au 7ème ciel, qui a demandé au Maire l’autorisation d’avoir dans son établissement 6 à 8 hôtesses qui seraient chaque semaine visitées par un docteur. Le dernier lieu de plaisir de la commune « la Pension Aimée » avenue de la Paix a fermé ses portes à la suite de la loi « Marthe Richard » du 13 avril 1946.
Francis ZUNINO

La Revirada par « U Chacharoun » , Parlà rocabrunasc

A VITA GALANTA A ROCABRUNA CAB MARTIN
Fint’ a fin dou des-e-nouvième sécoulou, Carnoules counserverà un ària servage e païsan. Au coumençament dou vintième sécoulou, aï caserna se metoun en piaça a cuntà de mile vœch cent utanta set e ou tram, despù mile nὸu cent tre fa un girou pèr traversà ou sen mitan. Carnoules descurbe aloura proun de casa bastὶ en tant que « quartié ambegù ». Aï sourtὶa de sourdatou e u se andrœira en vila soun a causa d’a marrὶa reputacioun dou quartié. Dintre u journale dou païs se parla de « brut lœg vicious » de « cant infecious de bagasharὶa » de « buveta de rufian ». chertu persouna vouroun proufita da situacioun qù s’enstala. Ashen a vèdoua Toselli Catarina demanda l’autorisacioun de durbὶ una casa de toulerança agradὶ. Scréu « se aquesta favou m’è counsentì, dounera un resultatou qù proufitera tant a mouralità qu’a sanità. Noun se verà pu au gran jou aquest mercante de piajé faire ou va e ven sus’u camin dou Cab Martin, que tiravoun dintre aï noumbrouse buveta u jouve o abordà u paj fourestὶe qù demandavoun soulament de faire una proumenada au cab…. Aquesta casa s’oubliga tante couma que a caserna dou vint-setimou batalhoun è situà sus’a coumuna e que u filh de familha d’aquest armada n’auran pu a regretà à rescountrà d’aquele arèndoura vagabounde. Finalament retenὶa souvent ou sourdatou press da sὶa caserna en soustrent u fastidi de l’ouberge ». Chertu an un autre coumportament e de persouna ounourable segnoun una peticioun desquiarent :« Aï buveta dame aï bagasha moushoun sus’ou camin dou Cab un tale scàndalou de jou que neshun noun voure pu passà. Stiment que ou Coulounelou dou vint-setimou batalhoun era stach oubligà de counsegnà tout’aqueste casa pèr causa de marautὶa, stiment que è a pèrdicioun de jouve de nouasha coumuna, ve preguen de faire arrestà rapidament aquest dejvergoundaje ». En mile nὸu cent ounze, ou médicou Chaboux scréu au prefet « Carnoules quartié dame proun de gent, ma tengù, scu, ma countroulà fa countrastou proun remarca dame Mentoun ou sen vesin mesan. Ѐ a tana de pelandroun a l’entorn, dame buveta a frema galante, dangé pèr a sanità. Ou sen souta-terra, sensa escoulament pèr l’aiga frusta, devenera rapidament un nὶou d’infecioun pèr manca de countroula de proupretà ; de epidemia capiteran brutalament ». Gustave Amarante ajounta « A Carnoules, manca de pouliça, de proupretà, se scroca, se viola, se massa, se rauba de jou. Pèr a sὶa situacioun Carnoules è devengu a tana de tout u brigant couchaire pèr aï pouliça vesine de Moùnigou, Mentoun e Vintemilha. A causa de caserna dou vint-setimou batalhoun d’alpin, aï casa suspete aboundou e tout a racalha trovoun un lœg segù. Ma Carnoules noun’a l’esclusività d’a bagasharὶa, au Cab Martin ou « Faisan doré » counoushù pèr a sὶa cousina e ou sen oumbrage, é reputà recheve de « bagasha proufeciounale » pèr a gent da auta soucietà, u sourdatou galounà noun despresavoun aï se compagnὶa. A San Rouman, a creacioun de Monte–Carlo e dou Casin à fa venὶ tout una poupulacioun de fourestὶe, avanch tout Italian, qù avioun un’ atività favourisà dame Moùnigou. Quarque casa de toulerença se soun enstalà, una noumà « l’ Aviateur », sensa dùbitou pèr menà ou client au setimou chelou, qù a demandà au mèra l’autourisacioun d’ avé dintre ou sen ouberge sὶe à vœch filha qù serὶoun vijità pèr un médicou cada semana. Ou darreire lœg de piajé da coumuna « la Pension Aimée » camin da Pas, a serrà aï se pouarta séguitou d’a lege « Marthe Richard » dou treze abrὶ mile nὸu cent quaranta sὶe.


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