Société d’art et d’Histoire du Mentonnais

Ou mes de San Jouan

Textes en mentounasc puis en français
lundi 25 juin 2018 par Jean-Louis CASERIO

OU MES DE SAN JOUAN
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E barquete de San-Jouan
Tout’u anne, quoura arriba r’estade, e barquete de San-Jouan san de retorn susa e spiaje de Mentan. Mà ‘stu darri tempe, arriban pran pu vitou. Ese per milioù, que s’arrecampan sus’a nouaisha coustièra d’Azura e sus’a couasta lìgure.
ço que san aquele barquete ? En francès, se souanan « vélelles », dam’u se celhe blu, aqueste bestiete apartenan à nouaish païsage de marina, ma chapan sempre a gent : touriste e bagnahoù. Aquela raça fa partìa da familha dou piantan. San encara transparente couma e meduse (que se disan tamben, e carnasse), mà noun pougnan nan. San aishì bele coura desbarcan bele fresque. Pourtàie da e ounde, se stendan en touàlhe spesse, una darraire de r’autra. Poussàie pèr r’amarous, s’arenan en pintent de blu scalhe e roque da riba da marina, mà spussan pran fouart quoura se dessecan s’a grava. S’en recampa de vote tante tounelate. Rounsàie dau vent e du courrente, e barquete de San-Jouan semelhan de luegn à de pichoù batéu à vere. Pescàie dam’ou salabre, puhi pistàie, chacàie, mourinàie e mesquiàie dame de sa e de sàbia, fan de brourmej pèr u pescahoù de cana que s’en siervan pèr broumejà.
Tempe-fa, e barquete de San-Jouan prefiguravan ou fiourishament premairenc da marina.

Ou fueg da San-Jouan
R’estade arriba dam’a San-Jouan e pèr a Festa du Paire. Ma laishema Marcé Firpo cunta-nou un’ antiga usança : Ent’e campagne, pèr a vegìlia da San-Jouan, se fasìa de belu fuegue de jòia e ou lendeman, da boun’ oura, se mandavan garçoù e garçounete cercà ent’a cenre encara cauda de longue firamente biounde qu’una bela legenda desìa esse u cabelhe de San-Jouan-Batista e que pourtava chança.
« Bousquièra dou fueg de San-Jouan, Garda ban piech pèr tout r’ann » proufetava un vielhe prouverbi. Dam’a stajan de fave s’arrecampan u lujambò que fan lume, a sera, souta u limounìe e u pourtougalìe ent’una remourina de belùgoure. E susa u camì, à r’entrebren, u enfante s’en van chapà u lujambò en cantent aquela sounada : « Lujambò, cara un poc, cara aquì que te dounou de pan, de ven, de fave. Lujerna, carerma, cara aquì que te metou ent’a lanterna… » E n’ese pa pèr resegà se u Mentounasque dounavan de pan, de ven e de fave ent’u lujambò perqué Cathalan, ou signoù de Mentan, regalavan en 1457 una lemòsina annuale, couma se fasìa sempre, facha de pan de ven e de fave ent’a poupulacian de Mentan.
Jean-Louis Caserio, Félibre Majoral
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LE MOIS DE JUIN
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Les « barquettes » de Saint-Jean
Tous les ans, généralement au mois de juin, les barquettes de Saint-Jean sont de retour sur nos plages. Mais ces dernières années leur arrivée est plus précoce. C’est par millions qu’elles font leur apparition le long de la Côte d’Azur et de la côte ligure.
Que sont ces barquettes ? Dénommées vélelles, avec leurs « cils » bleus, elles appartiennent à notre paysage côtier, mais surprennent toujours autant les touristes et les baigneurs. Cette espèce qui appartient à la famille du plancton ressemble aux méduses par sa transparence, mais n’a pas d’effet urticant. Elles sont tellement belles quand elles arrivent bien fraiches. Poussées par les courants et la houle, elles s’étalent en nappes épaisses et s’échouent en colorant de bleu les galets du bord de mer et en dégageant une forte odeur en se dégradant. On en ramasse parfois plusieurs tonnes. Les barquettes ressemblent, au loin, à de petits bateaux à voiles et sont ainsi plus sensibles aux effets des vents et des courants. Recueillies à l’épuisette puis broyées et mélangées avec du sel et du sable, elles peuvent servir d’appât pour les pêcheurs à la ligne.
Autrefois, on considérait que ces barquettes préfiguraient « le fleurissement printanier de la mer ».

Le feu de la Saint-Jean
L’été arrive avec la Saint-Jean et la fête des Pères. Laissons Marcel Firpo nous conter une coutume ancestrale : Dans les campagnes, à la veille du 24 juin, s’allumaient les premiers feux de joie et, le lendemain, à la fraîche clarté de l’aube, on envoyait, garçons et filles remuer les cendres encore chaudes pour y chercher ces longs filaments blonds qu’une légende délicieuse disait être les cheveux de Saint-Jean-Baptiste et qui portaient bonheur.
« Bûcher du feu de la Saint-Jean, garde santé pour tout l’an » prédisait un vieux proverbe.
Avec les fèves apparaissent les lucioles qui mettent, le soir, sous les citronniers et orangers, des tourbillons d’étincelles. Et, sur les chemins, à la nuit tombante les enfants vont capturer les lucioles en chantant cet appel en forme de promesse : « Luciole, descends un peu, descends ici que je te donne du pain, du vin, des fèves. Ver-luisant, fait carême, viens ici que je te mette dans la lanterne… ». Et ce n’est pas par hasard si l’on avait l’habitude de proposer du pain, du vin, des fèves aux lucioles, puisque Cathalan, seigneur de Menton, disposait dans son testament de 1457 qu’une aumône annuelle, composée de pain, de vin, de fèves soit accordée et distribuée au peuple de Menton, suivant ainsi une ancienne coutume en honneur dans le pays.
Jean-Louis Caserio


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