Société d’art et d’Histoire du Mentonnais

23 et 24 juin 2018, première rencontre des sites historiques GRIMALDI de MONACO

mercredi 18 juillet 2018 par Richard OSICKI

A LENGA DU VIELHE
Strenche carrouge scu frustà da e bouriane,
Drecha Carriera-Lounga talhucent a cità,
Es aquì que stasìan, paure en verità,
U vielhe dou moun sang, au ritmou de campane.

M’an laishà una lenga que parla ent’u me souanne,
Que me fa caud au couhe e rou fa crepità
D’un fueg embarluguent que douna sanità,
Que raïsa ra vita luegn de tout’u enganne.

Aquelou Mentounasc que m’a fourjà ra tèsta
Quoura tetava encara rou lach de ma maire,
Es per men couarp vielhì una cançan de fèsta.

Cu cerne de laishà ra lenga du antigue
Empaurish’a soua vita e s’alugna du paire.
Pieguerà sout’un vent subient coum’u castigue.

LA LANGUE DES ANCIENS
Sombres ruelles étroites usées par les orages
Et rue Longue étirée entaillant la cité,
C’est ici que vécurent, pauvres en vérité,
Au rythme du clocher, les aïeux de mon sang.

Ils me laissèrent leur langue qui parle dans mes rêves,
Qui réchauffe mon cœur et le fait crépiter
D’un feu éblouissant qui redonne santé,
Qui m’ancre l’existence afin qu’elle ne s’égare.

C’est bien le Mentounasc qui structura ma tête
Alors que je tétais encore le lait de ma mère,
C’est pour mon corps vieilli une chanson de fête.

Qui choisit d’abandonner la langue des aïeux
Appauvrit sa vie et s’éloigne des pères,
Il pliera sous un vent sifflant les châtiments.

Poème et traduction de Jean Ansaldi


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