Société d’art et d’Histoire du Mentonnais

Des textes lus lors de la première rencontre des sites historiques GRIMALDI de MONACO

lundi 23 juillet 2018 par Richard OSICKI

A TERRA DE MENTAN
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A terra de Mentan, noun es una pianura
Douna verdishe ou gran, douna bioundishe ou spig,
U vielhe r’han strepàia ad una roca dura,
E sempre aishi car fa, despù rou temp antig
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Ma siegue d’arenis, granulai’ o pastousa,
Facha de safre blu, o de bianc scalhan,
Aquì te canterai, o ma prim’ amourousa,
Tu, doun’ hai vist ou jorn, o terra de Mentan !
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A toute vielhou di ra ta santa belessa,
U aurevìe scu, e r’orou du limoù,
Sus’ a marina blu, a brisa que caressa,
E r’ àrima da nuech que duerme ente te fioù
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Vielhou crià ben fouart, perqué toute me sentan
A glòria dou passà, e r’espoar de deman,
Sensa vouré sabé, ço qu’ u ome deventan,
De qù m’es nemig, o qù me stend’a man.
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E quour’ aurai cantà ra ma terra materna,
O men signoù, fasé que, couma ’n enfantan,
Mi me veng’ endurmì n’a vouaisha pas eterna,
Ent’ un pichan cantan d’a terra de Mentan !
Marcel Firpo
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LA TERRE DE MENTON
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Le pays de Menton n’est pas une plaine
Où verdit le blé et où blondit l’épi.
Les anciens l’ont arrachée à la roche dure
Et c’est toujours ainsi qu’il faut faire depuis les temps anciens.
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Mais que tu sois sablonneuse, granuleuse ou argileuse
Faite de schiste bleu ou de blanche rocaille
Ici je te chanterai, ô ma première amoureuse
Toi, où j’ai vu le jour, ô terre de Menton !
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A tous je veux dire ta sainte beauté
Les oliviers sombres et l’or des citrons
Sur la mer bleue que caresse la brise
Et l’âme de la nuit qui dort dans tes fleurs.
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Je veux crier bien fort pour que tous m’entendent
La gloire du passé et l’espoir de demain
Sans vouloir savoir ce que les hommes deviennent
Qu’ils soient mes ennemis ou qu’ils me tendent la main.
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Et lorsque j’aurai chanté ma terre natale
O mon Dieu, faites que comme un petit enfant
Je vienne m’endormir dans votre paix éternelle
Dans un tout petit coin de la terre de Menton !
Marcel Firpo
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OU PAN BAGNÀ
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Ent’ un pan ben scurà, e ben remulhà d’ueri,
Stendé, de cada part, un chichin de maquet,
Menucé, fen, fen, fen, un coucoulou ben sueri,
’Na toumata n’ou mie ! Esquissé pian pianet.
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De peoure, per coundì, n’en và ’na pessugàia
E se, tout’ a r’entorn, freté ’na daoussa d’ailh,
Pu, squié, n’ou mitan carque auriva saràia,
Nou vou manca pu ren per fenì rou travailh.
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Aloura, mourderé n’aquela mescuilhensa
E benedisheré ra Santa Prouvidensa,
De v’avé regalà d’un aishi ban boucan.
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Perqué pouaran ventà tout’ u prate da França,
Ma dam’un pan bagnà, n’i è de semelhansa,
Surtou se r’aigué ben d’un ban ven de Mentan.
Etienne CLERISSI
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LE PAN BAGNA
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Dans un pain bien creusé et bien mouillé d’huile
Mettez de chaque côté un petit peu de maquet
Hachez, fin, fin, fin un concombre bien lisse
Une tomate dans le milieu ! Ecrasez tout doucement.
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Du poivre, pour assaisonner, une pincée suffira
Et si tout autour vous frottez une gousse d’ail
Et puis glissez dans le milieu quelques olives salées
Il ne vous manque plus rien pour finir le travail
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Alors vous mordrez dans ce mélange
Et vous bénirez la Sainte Providence
De vous avoir donné un aussi bon morceau
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Parce qu’on peut vanter tous les plats de France
Mais il n’y a rien de semblable à un pan bagnà
Surtout si vous l’arrosez bien d’un bon vin de Menton.
Etienne CLERISSI


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