Société d’art et d’Histoire du Mentonnais

Marcel FIRPO, poueta de Tradicioù Mentounasque

, « la chanson mentonnaise c’est le coeur frémissant de Menton ».
lundi 31 décembre 2018 par Jean-Louis CASERIO

A l’occasion du 140ème anniversaire de sa naissance, les Mentonnais se souviennent de celui qui demeure un de ses plus grands poètes dialectaux :
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Marcel FIRPO 1878-1973
poète des Traditions Mentonnaises
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Marcel Firpo est né à Menton en 1878 dans une famille de maçons, installée dans la commune depuis 1806. Ses études lui permettent de développer son goût naturel pour la littérature. Pour ne pas laisser mourir le parler de Menton, Marcel Firpo décide d’écrire les textes de chansons en mentounasc car, dit-il, « la chanson mentonnaise c’est le coeur frémissant de Menton ».
L’oeuvre de Firpo embrasse ainsi plus d’un demi-siècle et reste étroitement liée à la floraison littéraire et dialectale encouragée en Ligurie Intémélienne par E. Azaretti et F. Rostan, en pays niçois par J. Giordan, L. Genari, F. Gag et à Monaco par Louis Notari, que Firpo aime comme un maitre et comme un père.
A la tête du Comité des Traditions Mentonnaises et de sa troupe du « Teatrou du pe descausse », Firpo est le premier à mettre en scène des personnages typiquement mentonnais. Sous le sobriquet de « Piè Moughougna », il écrit des comédies (une bonne douzaine) qu’il fait représenter et qui recueillent quelques succès.
L’oeuvre de celui que notre poète Pierre Massena qualifie de « restaurateur des lettres mentonnaises » restera un modèle dans son domaine d’expression privilégié -la poésie- avec ses recueils inédits comme : « E Scaglie d’u camen », « Foara camen », « Brigaglie », « Giuan Cardelina » (poème en dix chants), et a publié deux recueils : « Cansù e puesie de Mentan » et « Au pays de Menton : Poesies », et d’autres écrits dialectaux dans les revues : « Les Annales de Menton », « A Barma Grande - Antulugia Intemelia », L’ Armanac Nissart...
On peut dire qu’il est à ce jour le poète dialectal le plus abondant. Son oeuvre est considérable : Outre une trentaine de chansons, il a laissé à peu près huit cents petites pièces de vers, des sonnets principalement. L’ensemble de l’oeuvre poétique de Firpo est chère aux Mentonnais car l’auteur en écrivant en mentounasc donne à notre parler une finalité nouvelle : celle de langue littéraire.
A partir de 1922, Firpo va oeuvrer sans relâche pour le maintien des traditions populaires et la sauvegarde de la langue mentonnaise. Il se révèle comme un chercheur tenace et minutieux de la mémoire du pays mentonnais. Il a toujours le soucis de transmettre au fils l’oeuvre du père.
En 1954, âgé de 76 ans mais toujours vigoureux et dynamique, Firpo fonde sous le pseudonyme de Louis Ravalin et avec Michel Gambarini, « Le Terroir Mentonnais », une Société d’Etudes et de Vulgarisation qui publie « Les Annales de Menton ».
Il participe à la création du Festival de la Poésie et de la Comédie intémélienne de Pigna qui réunit auteurs et acteurs dialectaux. En 1974, la 7ème édition du festival rend hommage au poète mentonnais en programmant une sélection de ses plus beaux chants.
Firpo passe ses dernières années à Varages, en Provence intérieure, chez son neveu et fils adoptif, Gaston Firpo, médecin, qui l’entoure de beacoup de soins et d’affection. Marcel Firpo disparait le 27 novembre 1973 à l’âge de 95 ans.
« Ce qu’il faut garder [de Firpo ] a écrit Michel Gambarini... ce nom si combattu, mais si populaire... c’est le souvenir des services qu’il a rendus à son pays. C’est la mémoire, de cet amant de Menton, de ce poète (…) qui ne cessa jamais de travailler pour son pays natal ».
Inhumé à Varages, son voeu le plus cher demeurera insatisfait. N’avait-il pas chanté en une strophe inoubliable :
"Et quand j’aurai chanté ma terre maternelle,
Oh, mon Dieu, faites que, comme un petit enfant,
Je vienne m’endormir dans votre paix éternelle
En un petit coin de terre de Menton".

S’il est des lieux où souffle l’esprit, le Vieux-Château est assurément l’un de ceux-là et le promeneur attentif, en portant son regard sur quelques carreaux de terre cuite, pourra y découvrir la sensibilité et la spiritualité du message poétique de Marcel Firpo.
Jean-Louis Caserio
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Marcel FIRPO , poueta de Tradicioù Mentounasque
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Marcel Firpo es naishù à Mentan en 1878 ent’una familha de murahoù. Pèr noun laishà mourì ou parlà de Mentan, Marcel Firpo dechide de scrive de cansoù. R’obra de Firpo embrassa aishì mai d’un mieje-sécoulou e sta ligàia dam’a fiouridura leteràia e dialetala encourajàia en Liguria Intemelia da Azaretti e Rostan, en païs nissart da Giordan, Genari, Gag e à Moùnigou pèr Notari, que Firpo a sempre counsiderà couma un mestre e couma un paire.
Capou dou Comitatou de Tradicioù Mentounasque e da soua troupa dou « Teatrou du pe descausse », Firpo es ou primou que mete en scena de persounage tipicament mentounasque. Souta ou soubrenoum de « Piè Moughougna », scrive de coumédie (una boana douzena) que fa jugà e que cuelhan quarque suchesse.
R’obra teatrala de Marcel Firpo s’è serràia dame « La Pastorale de Mestre Grigo » scricha e dounàia en 1936.
L’obra de qù noaishe poueta Pierre Massena sounava ou « restaurateur des lettres mentonnaises » starà un moudèlou n’ou sen cadrou de scritura d’espressian privilégiàia -a pouesìa- dam’u se recuelhe inedit o publicà.
Se pouhe di que Firpo es ancuhi ou poueta dialetal ou mai aboundant. A soua obra è vouluminousa. A laishà quarque vech cente pecete de vers, de sounete pèr a granna part. L’obra pouética de Firpo è pran cara da u Mentounasque perqué l’autoù en scrivent en mentounasc douna à noaishe parlà una finalità nova : aquela de lenga leterària.
A cuntà de 1922, Firpo travalha sensa relaish pèr mantenì e tradicioù poupulari e a sarvagàrdia da lenga mentounasca. Se revela couma un cercaire tenace e menucious da memòria dou païs mentounasc. A sempre ou fastidi de trasmete au filh l’obra dou paire : « A terra noaisha noun mourerà mai : çoo que r’ome ha bastì, r’enfant ou troverà ».
En 1954, agià de 76 anne ma sempre vigourous e dinàmicou, Firpo founda dame Michel Gambarini, « Le Terroir Mentonnais ».
Retirà à Varages, en Prouvença, da ou sen neb e filh adoutivou, Gaston Firpo, médicou, que r’atournìa de pran d’afecian, Firpo, desparaishe ou 27 de nouvembre 1973 à r’age de 95 anne. Sepelì à Varages, luegn dou sen païs mentounasc, soun votou ou pu car starà ensatisfach. N’avìa pa cantà ent’una strofa enscourdàbile :
"E cour’ aurai cantà ra ma terra materna
O men Signoù, fasé que, couma ’n’enfantan,
Mi me veng’ endurmì n’a voaisha paz eterna
Ent’ un pichan cantan da terra de Mentan"

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S’i san de luegue douna soùfia ou spìritou, ou Casté-Vielh è segurament un d’aquelu e ou passejant atent, en issent ou sen uelh susa quarque mahoù de terra cuecha, pourrerà descurbì tout’a sensibilità e a spiritualità dou message poéticou de Marcel Firpo.
Jean Louis CASERIO, Majoral du Félibrige


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