Société d’art et d’Histoire du Mentonnais
Una vista de Mentan au sècoulou XIX (Revirada)

Une caricature de Menton...

Aspects inattendus de Menton au XIXème siècle
mardi 22 janvier 2019 par Mauri OSICKI - AMPOLINI

UNA VISTA DE MENTAN AU SÈCOULOU XIX
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Mentan es ou païs du limounìe e du maraute ! À Mentan se trova doue vile : a vila-vielha douna ra gent se pouarta ben, e r’autra, ra cità nova douna ra gent qu’i es noun sta ben e spera milhourà ra soua saloute. À Mentan nushen noun s’amusa e noun san nan aquì pèr jugà.
Vouré de sourelh, n-avé ; i ese tamben un’ària doussa e embaumàia. Pèr ou rest, n’ané vou n’en à proumenà, fasé ço que vouré, tout acò noun empourta gaire.
Margrà tout acò, pran de gente d’age diferente, ome o freme, vénan cad’anàia pèr fà-se spelà ent’e oustarìe e re vilà que bourdan a grava. Da diejh oure dou maten fint’ à quatre oure d’apress-diernà, tout’e maraute se proumenan, se stirassan o se fan menà au sourelh à coustà d’aquele spiaje… Pèr dì vé, tout acò mousha un cadrou doulourous ; tout’aquele magagne vengùe de dapertout e que tussan ente tout u parlà atristan u uelhe ! Se ressente, en vehent tout aquele oustà e vile, un’empressian d’esse ent’un ouspità gigantesc ma elegant. Aloura se pilha r’envéa d’anà à vijhità ra vila douna se pouarta ben : a vila-vielha. Aquela ese pountelàia s’a roca, en su, tourmentàia, fissahuràia de carroujete que scaradan ou bauss, semenàie de scare stranne, de voute scure, de pouante suspendù, de teche à ra taliana e de countrafouarte du Màurou.
En tantu luegue da vila-vielha se pouhe vé doue o tre guiejhe o capele. Quarque freme vielhe ma tamben de garçounete venan pilhà r’aiga à re fouante dame de vase d’aram o de doulhe de terra cuecha que pouartan s’a testa en se mantenent ben dreche.
Tout aquela gente marauta ven cad’ann à Mentan pèr respirà r’ària bouana tépida dou païs, ma ven tamben fà-se pilhà u se sòu ! À Mentan noun se trova ren e ou poc qu’i ese se fà pagà pran cà !
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Revirada da Mauri Osicki-Ampolini
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ASPECTS INATTENDUS DE MENTON AU XIXÈME SIÈCLE
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… Menton est le pays des citronniers et des malades ! Il y a deux villes à Menton : la vieille ville, où l’on se porte bien, et la ville nouvelle, où l’on se porte assez mal et où l’on vient pour bien se porter. … A Menton, on ne s’amuse pas, et généralement on n’est pas là pour s’amuser.
Vous voulez du soleil, en voilà ; un air doux et embaumé, le voici. Pour le reste, allez vous promener. Faites ce que vous voudrez, cela n’importe guère.
… Malgré tout, une quantité de gens de tout âge et de tout sexe vient chaque année se faire écorcher consciencieusement dans les hôtels et les villas qui bordent la plage. De dix heures à quatre heures, les rachitiques, les fiévreux, les phtisiques se promènent, se traînent ou se font trainer au soleil le long de cette plage …A vrai dire, ce tableau est douloureux ; toutes ces infirmités, venues de tous les pays et toussant dans toutes les langues, attristent le regard. On éprouve, en passant en revue cette série d’hôtels et de villas, l’impression analogue à celle que l’on ressent en visitant un gigantesque mais élégant Hôtel-Dieu.
Et l’on est pris tout de suite du désir de visiter la ville où l’on se porte bien : la vieille ville. Celle-là est campée sur la hauteur, accrochée à un rocher tourmenté, crevassé de ruelles contournées qui escaladent capricieusement le roc, semé d’escaliers à marches étranges, de voûtes sombres, de ponts suspendus, de toits à l’italienne et de contreforts à la mauresque.
En plusieurs endroits de la vieille ville sont placées en étagère deux ou trois églises ou chapelles. Puis des fontaines au caractère italien, où quelques vieilles mais aussi des jeunes filles viennent remplir les vases de cuivre, ou de terre brunie, qu’elles portent allègrement sur leur tête, et si adroitement, malgré les marches nombreuses de la route, que jamais il ne tombe ni un vase ni même une goutte d’eau...
... Les Mentonnais sont féroces ; les troupeaux de malades qui accourent tous les ans pour respirer l’air tiède pendant l’hiver sont comme des brebis qui viennent se faire tondre pour la plus grande satisfaction des indigènes. A Menton on ne trouve rien qu’à prix d’or, et il faut se contenter de ce qu’il y a, les habitants ne se donnant pas la peine suffisante pour faire venir quoi que ce soit en dehors des choses dont eux-mêmes font usage. Il faut donc à peu près tout apporter avec soi, le reste on le trouve à Menton. Et c’est très cher !
Extrait de “La Vie hors de chez soi" de Charles Albert d’Arnoux, dit Bertall


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