Société d’art et d’Histoire du Mentonnais

Jacqueline Verdini, l’âme de Menton

Quelques témoignages parus dans le dernier PM, le PM 169
samedi 4 mai 2019

HOMMAGES À JACQUELINE VERDINI
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Jacqueline Verdini était l’âme de Menton
Jacqueline Verdini était un monument à elle toute seule ! Elle aura marqué Menton d’une empreinte extrêmement forte en tant que femme et en tant qu’artiste. Connue et reconnue, elle a initié tant de choses dans sa ville. On peut dire qu’elle connaissait, vivait et était le Pays mentonnais avec ses secrets, ses vérités, ses légendes et son amour, et bien peu de personnes avaient son talent pour révéler Menton. D’ailleurs, il y a du Verdini dans toute la ville ! Verdini et Menton ne font qu’un, elle était l’âme de la ville qu’elle a su parfaitement traduire…
Martine CASERIO , Adjointe à la Culture de Menton
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Au nom de ceux qui l’ont côtoyée…
J’ai eu la chance d’avoir du temps pour que nous puissions nous apprivoiser, et faire connaissance, en naissant ensemble à autre chose !
Au nom de ceux qui t’ont côtoyée, je tiens à manifester notre soutien pour cet envol vers la grande lumière de l’Amour ! Pour un autre printemps, une autre aventure après cette vie bien remplie, qui a nourri bien des êtres ! Je garde en mémoire vivante tes transmissions à travers des images très parlantes, tu illustrais tes observations par du concret : Pour tes œuvres, tu t’arrêtais juste avant le point final, pour laisser sa place à l’autre, pour qu’il puisse mettre sa conclusion, sa touche d’imagination !
En parlant de ce que tu créais, tu disais : je ne l’ai pas fait exprès ! Presque en t’excusant, dépassée par ce qui passait par tes mains ! En évoquant la nature tu disais : C’est tellement beau que ça fait pleurer ! C’est trop fort ! Tu acceptais de faire le portrait d’une personne quand tu pouvais la reconnaître de dos, car c’est que tu avais perçu l’autre face de l’être !
Quand il pleuvait, tu t’exclamais : c’est formidable que tout ne se déverse pas en une fois ! Dieu a pensé à tout …. Quand tu coupais un citron, quand tu ouvrais un fruit, un légume, en découvrant son intérieur, tu t’émerveillais ! Que c’est grand ! La recherche de la juste mesure était ton défi permanent ! Toi que la passion emportait facilement !
Dans ton atelier, figurait un message : j’ouvrirai une école de vie intérieure et je l’appellerai école d’art !
En août dernier, tu m’as confié : avant, j’étais sûre de tout, maintenant je ne sais plus rien ! Tout est plus large…
En cette nouvelle année qui commence, je souhaite à tous que tout vous devienne plus large ! Que vous puissiez accepter que tout soit plus grand que ce que vous percevez, en laissant place à l’indicible, à l’invisible, à l’inconnu ! A cette part que vous chuchote votre âme ! Au sentir qui fait la richesse du vivant !
Chère tatie, nous te disons un au revoir dans l’improbable, et si je te dis à Dieu, c’est en deux mots, je t’en remets A Dieu !
Marie-France CAT , Basilique Saint-Michel, 23 janvier 2019

Une vrai richesse, la joie simple du partage…
Cela dépendait, bien sûr, du caractère de chacun mais cela avait quelque chose d’étrange et de magique d’avoir la chance de connaître Jacqueline Verdini puis de travailler avec elle !
Entrer aux ateliers du Jonquier et y découvrir comment sculpter avec Nicole Durand, graver sous la conduite de Nathalie Deser, aquareller avec M. Rosier, étudier le nu avec M. Juvin, tout cela fut un réel bonheur !
Jacqueline, notre Présidente-fondatrice ne manquait jamais de venir nous voir, soit en cours de séance, soit à la fin. Elle faisait le tour de tous ces novices et savait dire le mot juste pour rectifier comme pour encourager !
Elle était si proche de nous qu’elle mit la main à une petite fresque et nous rendit souvent visite à la grande fresque d’Entherpe, déesse de la musique que nous avons réalisée sous la conduite de la regrettée Marie-Laurence Damon.
Bien sûr, contrairement à certaines de mes amies, je n’ai connu qu’un pan de sa vie d’artiste. J’ai eu la chance d’être admis dans le cercle de ses amis et élèves et surtout entraîné à toutes sortes de disciplines. Déjeuner à sa table à la bonne franquette avec des choses toutes simples, grimper sur un scaladran pour cueillir son raisin, c’est bien peu de choses me direz-vous à côté de sa renommée nationale et internationale mais notre « vrai richesse », comme aurait dit Jean Giono, c’était la joie simple du partage.
Nous la remercions vivement de nous l’avoir enseignée et nous nous efforcerons d’en faire autant ! Quoi qu’il advienne !...
Maurice NARET, 29 janvier 2019
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Extrait du Dictionnaire biographique du Pays mentonnais (Notice actualisée)
Jacqueline Verdini (Menton 1923 - Menton 2019)
Jacqueline Antoinette Marcelle Verdino nait à Menton dans la maison familiale de la vallée du Fossan, anciennement route de l’Abattoir, le 17 janvier 1923. Celle qui va signer sa création artistique au nom de Verdini est une élève d’André Lhote. A Paris, elle fréquente l’académie Jullian puis celle de la Grande Chaumière. Très vite sa notoriété lui ouvre les portes de la Biennale internationale de peinture de Menton, elle y participera de 1951 à 1972. De prestigieuses galeries et salles d’expositions parisiennes, italiennes, suisses, hollandaises et américaines présenteront ses œuvres. Sa peinture s’attache à transcrire l’âme du pays mentonnais, il en est de même pour son approche de la céramique artistique. De grands décors place des Logettes, théâtre du Lavoir, rue du Vieux Château témoignent de l’histoire événementielle de la ville. Dans le même esprit, elle va immortaliser des personnages mentonnais de son enfance à travers ses santons. En 1964, Jacqueline Verdini crée l’école municipale de céramique de Menton puis préside le Groupe d’Echanges Artistiques (G.E.A) association qui préfigurera l’actuelle école municipale d’arts plastiques. Son attachement à sa ville natale se retrouve aussi dans ses publications illustrées : Les Sgarrons, Les marrons sculptés et animés, Aquo es dich … André Compan, Majoral du Félibrige écrivait « c’est simple, celui qui veut du bien à sa langue est félibre, un point c’est tout » ; on peut affirmer que Jacqueline Verdini dans toutes ses formes d’expression artistique s’est inscrite dans cette démarche du Félibrige. Enfin, impliquée dans la vie de la cité, elle sera de 1989 à 1995, adjoint au maire de Menton chargée de la Culture. Elle décède le 20 janvier 2019 à Menton.
Jean-Pierre Frediani


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