Société d’art et d’Histoire du Mentonnais

Valentin RIVATA, un Mentonnais « polyvalent » : de la Gymnastique à la Peinture...

samedi 26 août 2006 par bergio

Dans le cadre d’un travail effectué en cours de Langue et Culture Régionales (mentounasc) et présenté à l’épreuve de Travaux Pratiques au Baccalauréat, les jeunes élèves de la classe de LCR Langue d’Oc du Lycée Saint-Joseph (2003-2004), Audrey Casazza aidée de Sabine Malivindi ont présenté le portrait de son grand-père Valentin Rivata .

Valentin Rivata est né avec la Garde, en 1900, à Menton à coté de ce qui est aujourd’hui la basilique Saint Michel (Voir le tableau représentant les maisons voisines de l’église où il s’est peint en compagnie de son frère). Venant d’un milieu modeste de la région de Baiardo, il s’intéresse très tôt à la gymnastique ainsi qu’à la peinture. A 19 ans, il se marie avec Madeleine Noblin qui en avait 15. De cette union naîtra quatre filles : Jacqueline, Adrienne, Marie et Pierrette.

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Portrait de Valentin RIVATA
(Coll A CASAZZA)

De son métier, il était peintre décorateur en bâtiment (fresquiste), Valentin avait donc réussi à vivre pleinement l’une de ses passions. En dehors de son travail, durant 50 années de sa vie, M. Rivata enseigna la gymnastique aux jeunes et aux moins jeunes à la fameuse Garde de Menton. Très apprécié par les Mentonnais, qu’il côtoie quasi quotidiennement à travers son rôle d’entraîneur, il devient, vers 40 ans, conseiller municipal de la ville de Menton.

Sa mort, en Octobre 1978, laissa un vide dans le cœur de sa famille, bien sûr, mais aussi de ses élèves qu’il mena à la victoire à plusieurs reprises.
Vous l’aurez compris, ce fût une “personnalité” de la notre ville. Nous allons donc exposer les activités de Valentin Rivata et sa relation avec Menton, en tant que gymnaste, puis en tant qu’artiste peintre.

Le Gymnaste

Très tôt, il s’initie à la gymnastique, en tant que pupille à la Garde de Menton. Après un parcours exemplaire, sa passion l’amènera à devenir entraîneur et pourquoi pas, à déclencher des vocations comme ce fût le cas pour lui...

Quotidiennement, son emploi du temps était à peu près le même : dès qu’il avait fini sa journée de travail à 17h, il allait à la Garde entraîner les pupilles jusqu’à 19h. Après avoir passé une heure dans son foyer, il retournait au gymnase entraîner les plus grands (il y restait même, parfois, jusqu’à 11h du soir). Il a tenu ce rythme durant près d’un demi siècle. Mais le jeu en valait la chandelle, puisque, lors des représentations, la population mentonnaise se regroupait pour encourager ses gymnastes.

On peut qualifier le regard qu’il portait sur ses élèves de “paternel”, il les aimait comme un père : passant déjà beaucoup de temps à la Garde, il les voyait aussi en dehors, partageant des distractions (il se baignait avec eux, par exemple). Cependant, il ne leur laissait pas le droit à l’erreur lors des représentations. Comme il le disait : « En gymnastique, on ne recommence jamais deux fois ». Il était aussi très rigoureux sur la discipline, ayant pour but de faire de ses élèves des hommes.

Et c’est peut-être grâce à cette discipline que La Garde put parcourir la France et concourir dans de nombreuses compétitions avec succès. Elle en gagna plusieurs sous le regard attentif de Valentin, médaillé de l’Education Physique, comme en 1971 au concourt interrégional de Chabons (en Isère) ou à Lamastre (en Ardèche)). Car M. Rivata, voulant toujours que tout soit parfait, alors qu’ils étaient en ligne, ne souhaitait n’en voir qu’un ; et si ce n’était pas le cas, il n’hésitait pas à donner des coups sur les mollets à ceux qui dépassaient... Dans le journal de la Garde, En Garde, de Juin-Juillet 1949, on a pu lire les paroles d’un ancien juge de concourt de gym : « Si j’avais eu à donner des notes, j’aurais sans hésiter attribué neuf points sur dix à la Garde de Menton pour ses mouvements et dix à son moniteur ! ». Car les mouvements que Valentin Rivata imposait à ses élèves ne semblaient pas être des plus simples : sauts, pyramides... mais la volonté de tout ces gymnastes et les heures d’entraînement leur permettaient d’effectuer toute sortes de figures avec brio.

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Valentin Rivata, gymnaste
(Coll A CASAZZA)

Mais avant tout, Valentin était un gymnaste et il prenait lui aussi des risques (car les pyramides se font sans protection, ceux qui étaient en hauteur n’étaient pas attachés) : il faisait, par exemple, l’arbre droit sur le mur de sa terrasse (alors qu’il y a du vide en dessous)... Mais avec l’âge, des problèmes de santé l’empêchèrent de continuer à pratiquer ce sport aussi intensément qu’avant, mais il resta quand même moniteur.

Il fût membre de la Fédération Sportive et Culturelle de France dont il recevra l’insigne vermeil en 1970 avec quelques autres distinctions. Mais la plus grande récompense n’est-elle pas le respect et l’affection de près de 3000 élèves ?

Le Peintre

Valentin Rivata était très attaché à sa ville : Menton. C’est pourquoi beaucoup de ses tableaux représentent notre belle cité. Car V. Rivata ne fût pas qu’un gymnaste de la Garde, il s’adonnait aussi à une toute autre activité : la peinture.
Ses œuvres sont de natures diverses (paysages, bouquets, marines...), même si la présence de Menton y est récurrente. Mais variant les supports, certains étant des plus surprenants (par exemple, il a peint sur une coquille de moule ou a fait des miniatures...), il essaye de rendre le sujet plus captivant. Dans ses œuvres, le ciel a une place importante : Valentin lui donne souvent des teintes jaune, rouge, ou fait ressortir un nuage très blanc dans la nuit comme lorsqu’il peint Jésus sur la croix. Mais le ciel qu’il peignait s’inspirait beaucoup de la réalité, et il faisait des croquis du ciel à différentes saisons et à différentes heures.

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« Vue des Rampes sur l’Italie »
(Coll A CASAZZA)

Les peintures de Valentin sont donc, bien qu’il ne fût qu’amateur, un travail de recherche. Cette impression est justifiée aussi par le fait que lorsqu’il lisait le journal et trouvait une photo qui l’inspirait : il la découpait. C’est pourquoi on retrouva beaucoup de coupures de Nice-Matin dans son atelier où il peignait en compagnie de son petit singe (il en eut deux, le premier s’appelant Manolo). Mais n’allons pas forcément chercher une symbolique dans ses tableaux. Il aimait la nature, sa région, et les représentait telles qu’il les voyait.

Des expositions des œuvres de Valentin Rivata ont eu lieu à Menton, il y a de nombreuses années, une dans les locaux de la Garde et une autre Galerie Mongibello, dévoilant à ceux qui le connaissait comme gymnaste, son autre passion : la Peinture.

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Défilé de la Garde en 1937 avec V RIVATA et l’une de ses filles(devant)
(Coll A CASAZZA)

Valentin Rivata resta une personne dynamique et apprécié par les Mentonnais notamment grâce à ses talents d’artiste peintre et son dévouement aux élèves de la Garde.
Comme nous l’avons déjà vu, Valentin répétait souvent : « En gymnastique, on ne recommence jamais deux fois ». Cette phrase nous montre sa ténacité et sa volonté de réussir. Il a ainsi était de nombreuses fois récompensé de sa bravoure par la Fédération Sportive et Culturelle de France. En effet, en 1930, il reçut la médaille de bronze, et, en 1947, c’est la médaille d’argent qui lui fut attribuée. En 1970, il reçoit aussi les épinglettes de vermeil ainsi que la médaille de la Reconnaissance Fédérale.

En 1982, en signe de remerciement de son dévouement, la Garde donna le nom de Valentin Rivata à la salle de gymnastique. Seules les personnes l’ayant connu peuvent témoigner de sa gentillesse et de sa forte personnalité. C’est pourquoi, un de ses anciens élèves dit, un jour :
« S’il y’a un paradis, Valentin y est sûrement ».


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