Société d’art et d’Histoire du Mentonnais
LE COIN DU MENTOUNASC DANS NICE-MATIN

Souvenirs, souvenirs.. Il y a 80 ans : L’Evacuation de Menton

dimanche 7 juin 2020 par Jean-Claude VOLPI, Jean-Louis CASERIO

Un épisode douloureux de la Seconde Guerre mondiale
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IL Y A 80 ANS : L’EVACUATION DE MENTON
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Le 27 mai 1940, le général Lemoine, commandant de la Subdivision Autonome de Nice adresse une note confidentielle à Jean Durandy, maire de Menton et Fernand Torthe maire de Roquebrune-Cap-Martin. Cette note précise le mécanisme qui sera activé dès les premières heures de la nuit qui suivra le laconique message « Exécutez Mandrin »...Y sont abordés les missions de la gendarmerie, des municipalités, la gestion des propriétaires de bétail ou les stocks de marchandises des grossistes, les centres d’accueil de la population évacuée vers Cannes et Antibes/Juan-les-Pins.
Le 2 juin 1940, l’état-major français déclenche l’opération « Exécutez Mandrin » qui a été planifiée depuis la fin du mois de mai. L’évacuation générale de la population de Menton est exécutée dès le lendemain dans la nuit du 3 au 4 juin. Deux trains, 200 autocars et 130 camions évacuent les 13 000 habitants restés sur place. Chacun a droit à 30 kg de bagages comprenant couverture, sac de couchage, des vêtements chauds, son masque à gaz (s’il en a), un couvert individuel, du pain, des biscuits, des conserves et du lait concentré pour les enfants.
Aussi triste qu’une procession du Vendredi-Saint, de tous les quartiers de la ville chacun accourt vers les points de chargement des autocars ou vers la gare. Dans la cohue, une mère dont le mari est aux armées descend de la vieille-ville. Elle a attaché ses 7 enfants par une solide corde. Les valides aident les plus âgés. Arrivés sur les quais de la gare, il faut prendre place dans l’un des deux trains. Visiblement, la S.N.C.F. a sorti ses vieux wagons avec compartiments traversant dont des portes s’ouvrent de chaque côté (wagons sans couloir central). La Croix Rouge est également présente.
Les bus de la société Melchior et une noria d’autocars sont venus en renfort de tout le département. Les chauffeurs de taxis participent au convoi. Ce début d’exode pour les Mentonnais et les Roquebrunois se déroule de manière assez bien organisée vers l’Ouest des Alpes-Maritimes. Les véhicules ou les trains affectés à ce départ forcé circulent sans acte de guerre et ne subissent ni mitraillage, ni bombardement. Personne ne le savait encore, Cannes et Antibes ne seront qu’une étape intermédiaire vers un exil plus lointain, les Pyrénéennes orientales.
Si les habitants du quartier Carnolès et du 1er hameau à Roquebrune sont évacués le 3 juin, il faut attendre le 7 pour ceux habitants au cap Martin, au hameau supérieur et 4 Chemins. Les secteurs frontaliers (Castellar, Gorbio, Ste-Agnès, Castillon, les vallées de la Bévéra et de la Roya…) ne seront évacués -fort difficilement- que dans la nuit du 10 au 11 juin 1940 (l’Italie ayant déclaré la guerre à la France le 10 juin). Le 14 juin, les derniers habitants de Roquebrune sont évacués, ceux de la Torracca à Saint-Roman et le village.
Le 11 au matin, l’aviation italienne ayant attaqué le dépôt ferroviaire de Cannes-La Bocca, Mentonnais et Roquebrunois commencent à repartir avec 2 jours de vivres dans 11 trains en direction de Perpignan…
Jean-Claude Volpi
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80 anne fà : L’EVACUACIAN DE MENTAN
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Ou 27 de majou 1940, ou generale Lemoine, manda una nota secreta à Jean Durandy, mera de Mentan e Fernand Torthe mera de Rocabruna. Aquela nota precisa ço que carrerà fà apress ou message « Exécutez Mandrin »... missian da gendarmarìa, de munichipalità, de gente prouprietari de bèstie, de groussiste pèr e marcancìe, r’acuelh da poupulacian en partença pèr Cànoua e Antibou.
Ou 2 dou mes de San Jouan 1940, ou statou-majou francés duerbe r’ouperacian « Exécutez Mandrin ». L’evacuacian da poupulacian de Mentan coumença ent’a nuech dou 3 au 4 de jougne. Dou tri, 200 autocarre e 130 camioù pilhan u 13000 Mentounasque. Cadaen a drech de pourta-se 30 kg de bagage : cuberta, sac pèr durmì, vestimente caude, màsquera à gaz, cubert pèr manjà, de pan, bescutin, de nourritura en boata e de lach councentrà pèr u enfante.
De tout u cante, cadaen arriba. Una frema s’en cara dou Mentan-vielh que a stacà u se 7 enfante dam’una bella coarda. U pu « en camba » ajuhan u pu vielhe. Arribà s’a riba da gara, car pilhà piaça ent’ou tren. A S.N.C.F. a sourtì u vielhe vagoù da gara de Cànoua-La-Bocca, dam’u se coumpartimente douna e poarte se duerban de cada coustà. A Crousa-Roussa poarta ajutou.
U carre da soucietà Melchior e d’autre venan de tout ou despartament e dam’u taxi fourman una longa firagna pèr anà à Cànoua e Antibou, una prima tapa pèr countunià pran pu luegn : en Catalogna.
A gente de Carnolès e dou primou relarg de Rocabruna san partì ou 3 de jougne, car asperà ou 7 pèr aquelu dou cab Martin. E pèr Castelà, Goarbe, Sant-Agne, Castilhan, e valade da Bévera e da Ròia… ent’a nuech dou 10 au 11 de jougne 1940. (L’Itàlia a dequiarà a guerra n’a França ou 10). Ou 14 de jougne, u darrì Rocabrunasque san evacuà, da Torracca à San-Rouman e ou vilage. Ou 11 de maten, l’aviacian taliana boumbarda a gara de Cànoua-La Bocca ; Mentounasque e Rocabrunasque s’encaminan aloura dou coustà de Perpignan…
Revirada da Jean-Louis Caserio, Félibre Majoral


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