Société d’art et d’Histoire du Mentonnais
LE COIN DU MENTOUNASC DANS NICE-MATIN

La ferme du Pian

Texte de Jean-Claude Volpi et Revirada de Claude Lévêque
samedi 5 décembre 2020 par Claude Lévêque, Jean-Claude VOLPI

LA FERME DU PIAN
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A Pauline et Georges Passeron,
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1948 : Menton, ville-martyre, entame sa reconstruction et son bon en avant moderniste vers les « années formica » en tentant de laisser derrière elle le souvenir de cette affreuse guerre.
Pauline et Georges Passeron deviennent les métayers du domaine privé du Pian qui appartient à une des branches des Bellando de Castro, une famille qui donna à Monaco des gouverneurs, des notaires ainsi qu’un colonel, aide-de-camp au service des Princes Charles III et Albert 1er.
Ces fermiers habitent alors une maison, basse et rustique, qui leur sert d’habitation avec une étable attenante. Ils possèdent 8 vaches. Bien qu’à l’époque, il n’y a pas beaucoup de voitures, les enfants Passeron, René (1944), Gérard (1946), Chantal (1949) aident souvent leurs parents à faire traverser le boulevard de Garavan aux bêtes afin d’aller paître dans la majestueuse oliveraie du Pian, utilisée à leur seul usage entre les périodes annuelles de la cueillette des olives. La ferme des époux Passeron a disparu en septembre 1964.
Au travers de quelques photographies retrouvées, ce sont des parcelles de la vie de ses parents que Chantal Paoloni née Passeron nous invite à découvrir. On les aperçoit durs au labeur de la ferme… Pour sa maman Pauline, pas de machine à laver le linge ! Le luxe, c’est la lessiveuse pour faciliter le travail et faire bouillir l’eau, les mauvaises tâches sont attaquées au savon de Marseille et au battoir en bois ou à la pierre. Une fois par semaine, la lessiveuse sert aussi de baignoire pour prendre un bain familial à tour de rôle. Pour sécher le linge, il faut l’étendre dehors « plein champs », cela avec les enfants qui s’égaient dans les jambes, notamment Jean-Paul, le petit dernier né en 1959...
Le parfum des draps propres flotte-il encore dans la mémoire de Chantal ? Ces effluves, ces réminiscences du passé, si proche, sont de belles images nostalgiques. Celles de l’enfance et d’un Menton à jamais disparu ! Aujourd’hui, un parking, réservé à l’Institut-Médical-Éducatif Bariquand Alphand situé à proximité, a remplacé la ferme Passeron.
Moi-même, je me souviens de ces fins d’après-midi où, quittant la rue du Vieux Château dans la Vieille-Ville avec ma petite « bidole » cabossée en alu servant de pot-au-lait, je parcourais fièrement le chemin qui me menait jusqu’à la ferme des Passeron, juste au-dessus du parc du Pian ; là, au seuil de la porte de l’étable odorante, je récupérais contre une poignée d’anciens francs, mon litre de lait frais -encore tiède- après la traite. Puis je retournais rapporter le précieux breuvage à ma mère. De nombreux enfants des alentours en faisaient de même et s’acquittaient volontiers de cette petite corvée.
Jean-Claude Volpi
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A FERMA DOU PIAN
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1948 : Mentan, vila martira, coumença ra soua recoustrucian e ou sen saut en avanch, moudernista vers u « anne formica » en ausent laishà darraire d’ella rou souvenì de sta guerra afrousa.
Paulina e Georgi Passeron devenan u metalhé dou predi privà dou Pian que poussede una de branque d’u Bellando de Castro, una familha que a dounach à Moùnigou de gouvernatoù, de noutari e un courounelou stacà au siervici du Prènchipi Carlou Ters e Albert Primou.
Aquestu fermié stan ent’ una casa bassa e rùstica qu’i sierve d’abitacian dame un stajou atenent. Poussedan vech vaque. Ben qu’à r’épouca n’i siegan que poc de vature, u pichoù Passeron, Rainié (1944), Gerard (1946), Chantala (1949) ajuhan souven u se parente pèr fà traversà ou Boulevar de Garavan ent’e bèstie pèr menà-re à pasturà ente r’aurivéa maestousa dou Pian utilisàia à ra soua usança soureta en foara dou temp de campage d’ aurivage. A ferma du spousi Passeron a despareishù en setembre 1964.
Dame quarque fotografìe retrovàie, acò san de pesse da vita d’u se parente que Chantala Paoloni, naishùa Passeron, nou envita à descurbì. Ru vehema dù au travalh da ferma… Pèr sa Mamà Paulina, pa de màquina da lavà ! Ou lussou es a tina da bugàia pèr fachilità ou travalh e fà bulhì r’aiga ; e taque marrìe san levàie dame ou savan de Marselha e dame ra massa de boasc o dame ra peira. Una vota pèr semana, ra tina da bugàia sierve tamben de bagnoara pèr pilhà ou bagn familiale, cadaen à ou sen girou. Pèr secà ou linge car stènde-rou foara en miej du campi, acò dame u enfante que se ralegran ent’e cambe, particoularment Jouan-Pàulou, ou pichan caganchou naishù en 1959... Galeja encara rou proufum du lençoue dintre da memòria de Chantala ? Counservan aishì de bele imàgine de tempe-fà ? Aquele de r’enfança e d’un Mentan pèr sempre despareishù ! Ancùi un parc de staciounament autoumoubile reservà à r’Istitutou Medico-Pedagougicou Bariquand Alphand situà à coustà, a rempiaçà ra ferma Passeron.
Mi, meme m’en avisou d’aquele apress-diernà douna, laishent a carriera dou Casté-Vielh ent’ a Vila-Vielha dam’ a mìa bidola pichouna bugnàia servent de pignatan dou lach, anava dame fiertà soubre ou camen que me menava fint’ a ferma Passeron, just au soubran dou Parc dou Pian ; ailì s’a bounda da poarta dou stajou audourant, pèr una manàia de pichoù sòu avìa ou men litre de lach fresc - encara tépidou – apress a trata de bèstie. Puhi retornava à pourtà ra bevenda preciousa à ma maire. Pran de pichoù à r‘entorn en fasìan istess e se shalavan vourentìe de ‘sta courvéa pichouna.
Revirada da Glaudou Lévêque, Félibre mentounasc


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