Société d’art et d’Histoire du Mentonnais
UN PETIT TOUR DANS NOS ANCIENS « OU PAÏS MENTOUNASC »

C’était dans le PM 138 : « A propos de charrettes et charretons »… !

Texte de Marcel Viale (Janvier 2007)
lundi 22 février 2021 par VIALE Marcel

Un peu de vocabulaire...

A carreta, la charrette, petite voiture hippomobile à deux roues munie d’un brancard et de deux ridelles servant à transporter des charges, caisses ou corbeilles de fruits et légumes de nos paysans ou de poissons de nos pêcheurs.
.
Ou carretan, le charreton, petite charrette sans ridelles tirée ou poussée à bras d’homme.
.
A carretina, le chariot. Le mot peut aussi convenir pour désigner le caddie des grandes surfaces commerciales.
.
Ou toumbarè, le tombereau, utilisé pour le transport de lourdes charges ou de matériaux de construction. Certains d’entre eux étaient munis d’une benne basculante pour vider le chargement.
.
A PROPOS DE CHARRETTES ET CHARRETONS… !
Je n’apprendrai rien aux Mentonnais d’un certain âge en écrivant que peu de temps avant 39/45 la plupart des familles mentonnaises possédaient « une campagne » et un charreton pour tout y transporter ou y ramener une lourde charge, plus particulièrement au retour, du bois, des fruits, des barils de vin, les olives au moulin. On y chargeait même les petits enfants fatigués.
Mais d’où provenaient-ils ces charretons ? Tous du Piémont où en période hivernale des paysans les construisaient en bois de châtaignier qu’ils avaient sous la main. Et à la belle saison, les roues démontées (démontables), ils étaient chargés sur les toits des diligences ainsi d’ailleurs que des caisses d’œufs et de volailles et partaient vers la Côte, vers Menton ou tout autre ville où tout était attendu, bienvenu et vendu charretons compris.
Avant 39/45 et même quelques années après, il y avait à Menton dans la vallée du Careï, près du lavoir (actuel immeuble « Les lavandières ») un charron. Il s’appelait Spina et réparait les charretons en cas de besoin, ainsi d’ailleurs que tout véhicule hippomobile, charrettes, tombereaux, fiacres, même capable de fabriquer une roue.
Un artisan comme il n’en existe plus ! Je l’ai connu !
.
Bien sûr, ma famille avait un charreton. Il était peint en vert, de grande utilité croyez-moi. Tout comme les paysans, les patrons pêcheurs mentonnais avaient chacun leur charreton sur lequel ils chargeaient leurs filets pour aller les étendre, les faire sécher, les ravauder puis les teindre. Et aussi transporter leurs poissons vers le marché aux poissons ou les vendre à travers la ville ou les vallées. Ahi que belle ! C’est connu. Le poisson était frais, vendu au jour le jour. Les sardines étaient belles. C’était le cri ! Ahi que belle ! Il n’était pas usurpé !
.
Après la ruée des charretons le dimanche matin vers l’Ubac Foran, c’était aussi la ruée vers Garavan.
En effet, c’est vers le Super Garavan, au-dessus des propriétés cultivées, que bon nombre d’habitants de la vieille ville et du quartier du Port, se dirigeaient…« anema a u tre jerbe !… » disaient-ils ! (en français, nous allons aux trois bois), trois petites collines boisées, pour aller y ramasser bois mort et pommes de pin. Ils partaient souvent à deux avec le même charreton qu’ils abandonnaient, momentanément en arrivant au rond-point bien connu des Colombières, là, où avant 39/45 s’arrêtait la route carrossable ; ils empruntaient tout juste en face le sentier du Mounie et Granges de Saint Paul (le panneau existe toujours mais devenu illisible – couvert de rouille) et quelques centaines de mètres plus haut, au dessus des propriétés cultivées, ils ramassaient le bois mort, en faisant un lourd fagot qu’ils descendaient sur le dos au rond-point, au charreton. Souvent, ils remontaient pour en faire un deuxième fagot ou un sac de « pigné » (de pommes de pin). Cela se pratiquait encore juste avant 39/45. Les gens étaient courageux ! Le bois était précieux.
Marcel VIALE Janvier 2007


Accueil | | | | Statistiques du site | Visiteurs : 31 / 307399

Suivre la vie du site fr  Suivre la vie du site Un petit tour dans nos anciens « Ou Païs Mentounasc (...)  Suivre la vie du site Dans le numéro 138 du Païs Mentounasc   ?

Site réalisé avec SPIP 3.0.16 + AHUNTSIC

Creative Commons License

Visiteurs connectés : 3