Société d’art et d’Histoire du Mentonnais
LE COIN DU MENTOUNASC DANS NICE-MATIN

Ou Cab Marten, un cant dou paraïs terrestre

Une revirada de Solange Mongondry Barbéris tirée du texte de J-C Volpi
mercredi 1er décembre 2021 par Jean-Claude VOLPI, Solange MONGONDRY BARBERIS

OU CAB MARTEN, UN CANT DOU PARAÏS TERRESTRE
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Da 1920 à 1939, ou Prenchipatou de Moùnigou e Mentan san deventà ra bourgada moundana dou Cab Marten. Aquelou que ha augù ou privilégiou de vé ou Cab Marten en 1890 e de revé-rou en 1920, ese stach, n’i è dubi, stourdì per ou cambiament ; ailì douna i eran soulament un gerb servage, elou pouhe badà de camì counfourtévoli religuent de jardì voulutuousi e esòtiqui en piena metamourfousa. D’abitacioù sountuouse qu’un’armada de journalìe talià ha bastìe (20 en tout da 1892 à 1918) segound d’arquiteti renoumà. San d’un lussou encredìbile, una vera maravilha. Chertou ra Guerra-Granna avìa enterroumpù ra misa en vèndita da toutalità de 110 000 m² que Georg Colvin White poussedava. Era scousés e avìa counfià à Hans-George Tersling ra misa en spartiment dou Cab Marten. Ahura ra fen dou counflì va permete à u envernente rique de revenì vers aquelou tesorou reservà per u nantì ; quada-un vouhe creire encara ent aquela Bela Epoca que vehìa revenì tout’u enverne una vita moundana e aristoucràtica. Ent aquela recerca turbàia de ço que noun revenerà, quarque endustriàli e banquìe envidian aquesta partìa da Coasta d’Azurou situàia entra un prenchipatou e re Bausse Rousse dou Regnou d’Itàlia, ou Cab Marten se destaca susa r’azurou. Ent ou chelou, un aerouplane passa d’un tant en tant ; u vapoù, ente ra soua bianca tengùa, courran susa ra scuma en passent ra pouncha dou Cab, aquelou juge que spartishe ugualmente re aigue entra Moùnigou e Mentan, dou temp que ra maten quarque goussi de pescahoù mentounasque o roucabrunasque venan à jetà re soue rese en lisiera dou golf da Paz o de Cabbé ; r’autoumoubila e ou cavà s’i garroulhan encara ou camen perqué re régule de priourità noun san pancara stabelìe. En riba nord, rou vielh tramway niçard, per mancansa de manteniment e de nouvacian, ese despassà da u autoubusse nòu. Evidentement, e terre e pu belle d’aquelou « pichan Versailles » avian vitou trovà aquient a pena que san stache metùe en vèndita apréss 1892. Despuhi, aquesta voga n’es anacha adaijhou que en séguita de ra dequiaracian da Prima Guerra moundiala. Apréss ra fen d’aquesta guerra, i san pran d’ome e de freme que countùnian de pensà qu’aquesta pichouna penìsoura noun ese nan ou saran foushouran de r’Europa couma Niça, e mancou un lueg belugant couma Moùnigou, nan ! Ou cab Marten ese mai qu’acò, es r’Eden !
En 1922, aquistà ou sen « cant de paraïs terrestre » au chentrou d’aquesta fàisha strencha pourerìa esse un lussou encara à boun patou, encara poussìbile ? Cinq « loti » que fan 30 « ha » san proupousà à r’encant ou 18 de dijhembre 1922. Ma ou 14 dou mese de jenarou 1930, ou Parlament e ou Senatou francese van à voutà ra lege permetent r’edificacian d’una ligna de defensa fourtificàia. U dou primi foarte seran bastì fint da nouvembre 1930, coumpietà dame aquelou de Cornillat au nord dou païs. Ou 23 dou mes de San Jouan 1940, ra batalha de Carnolès, laisherà ou Casté e d’autre bele vila en rouìna.
Revirada Solange Mongondry Barbéris
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LE CAP MARTIN, UN COIN DE PARADIS TERRESTRE
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De 1920 à 1939, la Principauté de Monaco et Menton sont devenues la banlieue mondaine du Cap Martin. Celui qui a eu le privilège de voir le Cap Martin en 1890 et qui le revoit en 1920, aurait été sans doute stupéfait de sa transformation ; là où il n’y avait que des sous-bois austères et une garrigue sauvage, il peut y admirer de confortables voies desservant des jardins voluptueux et exotiques en pleine métamorphose. Des demeures somptueuses qu’une armée de journaliers italiens a construites (20 au total entre 1892 et 1918) d’après les plans d’architectes de renom. Elles sont d’un luxe inouï, un vrai émerveillement. Certes la Grande Guerre avait mis un coup d’arrêt à la mise en vente de la totalité des 110 000 m² que possédait Georg Colvin White, un écossais qui avait confié à Hans-Georg Tersling la mise en lotissement du Cap Martin. Maintenant la fin du conflit va ramener les hivernants fortunés vers ce trésor réservé aux nantis ; chacun veut croire encore à cette Belle Epoque qui voyait revenir chaque hiver une vie mondaine et aristocratique. Dans cette recherche éperdue de ce qui ne sera plus, une frange d’industriels et de banquiers convoite cette partie de la Côte d’Azur située entre un état princier et les Rochers Rouges du Royaume d’Italie, le cap Martin qui se détache sur l’Azur. Dans le ciel, un aéroplane passe parfois, les steamers, dans leur blanche livrée courent, sur l’écume en dépassant la pointe du cap, ce juge qui partage les eaux équitablement entre Monaco et Menton, tandis qu’au matin quelques barques de pêcheurs mentonnais ou roquebrunois viennent jeter leurs filets en lisière du golfe de la Paix ou de Cabbé. L’automobile et le cheval s’y disputent encore la chaussée en l’absence de règles établies de priorité. En bordure nord, le vieux tramway niçois, par manque d’entretien et d’innovation, est dépassé par les nouveaux autobus. Évidemment, les meilleurs terrains de ce ’’petit Versailles’’ avaient rapidement trouvé preneur dès leur mise en vente après 1892. Depuis, cet engouement n’a été ralenti que par la déclaration de la Première Guerre mondiale. Après la fin de celle-ci, nombreux sont celles et ceux qui continuent à penser que cette petite péninsule n’est pas le salon turbulent de l’Europe comme Nice, ni un lieu scintillant comme Monaco, non ! Le cap Martin, c’est plus que cela, c’est l’Éden !
En 1922, acquérir son « coin de paradis terrestre » au cœur de cette étroite bande de terre reste-t-il un luxe encore abordable, encore possible ? Cinq grands lots pour un total de 30 ha sont proposés aux enchères le 18 décembre 1922. Mais le 14 janvier 1930, le Parlement et le Sénat français vont voter la loi autorisant l’édification d’une ligne de défense fortifiée. Les deux premiers forts seront construits dès novembre 1930, complétés par celui du Cornillat au nord du village. Le 23 juin 1940, la bataille de Carnolès, laissera en ruine le château et d’autres belles villas.
Jean-Claude Volpi
d’après son livre « Le Cap Martin entre Monte-Carlo et Menton » (2012)


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