Société d’art et d’Histoire du Mentonnais
APPRENONS LE MENTONNAIS PAR SES POEMES

Couma un bruch - Laurenç Revèst ;Tenre Noustalgìa - Cathy Peano

mercredi 22 décembre 2021 par Mauri OSICKI - AMPOLINI

Revèst Laurenç, est né en 1981 (Mc/Fr). Docteur en Linguistique : thèses sur l’occitan vivaro-alpin (06, 04, 05). Il est Membre de la SAHM, du Félibrige, de l’IEO et de l’Académie des langues dialectales de Monaco.
Autor en lenga occitana (vivaroalpenc mentonasc e d’autre localitats d’u Alpes) :
« Nissa e Occitània per Garibaldi- Antologie garibaldienne d’Oc », SERRE éd. 2008,
« De valaias en valaas » éd. IEO Provença- Alps- Còsta d’Azur 2021,
publicacions dintre u Actes de l’Académie des langues dialectales de Monaco (en occitan e monegasc 2009, 2012, 2019, 2021),
reviste divèrse

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Voici un poème de Laurenç Revèst
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COUMA UN BRUCH
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Su pilhà dintre ou temp
Que passa en prouvent
D’agantà de trace de vita
En direcian d’un meme camen.
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Serema deman sempre aquì
Per veire passà aquer jorn ?
Cada un ent’ ou revoulum
Aurà agù magarra un moument.
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Mi, noun sabou nan quoura acaberai
De caminà de nuech o de jorn
Sensa desmentegà d’ouna su partì
Margrà ou pes dou sourelh o de l’oumbra.
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(tèxte adaptat en grafia mistralenca per l’autor)
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1. Vocabulaire
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Bruch : bourdelou
Revolum : tourbillon
Acabà : achever, terminer
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2. Traduction par l’auteur Revèst Laurenç
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COMME UN BRUIT
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Je suis pris par le temps
Qui passe en essayant
D’accrocher des traces de vie
En direction d’un même chemin.
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Serons-nous demain toujours ici
Pour voir passer ce jour ?
Chacun dans le tourbillon
Aura eu peut-être un moment.
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Moi, je ne sais pas quand j’arrêterai
De marcher de nuit ou de jour
Sans oublier d’où je suis parti
Malgré le poids du soleil ou de l’ombre.
..
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Voici maintenant un poème d’un autre auteur.
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Catherine Peano est née à Menton en 1956. Après avoir travaillé à l’EDF-Menton elle est actuellement à la retraite. Cette mentonnaise, membre de la SAHM, habite maintenant dans les environs de Marseille mais Menton reste toujours la ville de son cœur, ville pour laquelle elle éprouve une “tenre noustalgìa” .
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En souvenì dou Ver de Mentan ! Ou temp passa ! Mentan ese sempre pu bella !
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TENRE NOUSTALGÌA Poème de Catherine Peano
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D’aquì, quoura Mentan me ven n’ou ment,
vegou ou countorn gracious d’un paisot de casàie de couroù,
que se miran dame fiertà ent’a granna blu,
ent’e Sabiete de que r’aiga-marina, carma souven,
desfroupa eternament e soue pichoun’amà, pèr amoù,
salutent dame respet tante belesse, tante doussoù !
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D’aquì, quoura pensou à Mentan,
vegou a mia enfança... a nouaisha enfança lìbera,
nautre pichoù dou Foussan, tra semana e carreta,
ent’a crenta de r’ann 2000 avema refach ou moundou souven !
Avema creishù entr’ amigh’ e chospou, entre faish’e campagna
vers a roda dou defici que nou fasìa doundoulà,
o sout’ou grann lavahoù, pèr assousta-se dou marrì temp !
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D’aquì, da ra giganta Marselha segounda vila dou Païs
Pensou au men pichan Mentan,
ou men primou, ou men ùnicou Paraïs !
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1. Vocabulaire
Venì n’ou ment, venì ent’ou ment : mot à mot cela signifie « venir dans la mémoire » c’est-à-dire se souvenir.
Païsot  : petit pays, ici village au sens chaleureux.
Casàie  : pluriel de casàia qui veut dire maisonnée, petite maison. Il est vrai que toutes ces maisons, les unes contre les autres, donnent l’impression d’un village de poupées.
Desfroupà  : dérouler.
Amà  : mot invariable féminin, vague.
Semana  : (nf) soit semaine, soit le jeu marelle. Ici c’est le jeu qui convient.
Creishù  : participe passé du verbe creishe, croître, grandir, pousser.
Chospou  : (nm) petit ami !
Doundoulà  : balancer.

Defici  : moulin, ici il s’agit du moulin du Fossan, celui des Bellevesaces dont la fameuse roue qui faisait le bonheur des jeunes et qui a malheureusement disparu.
Lavahoù  : lavoir
Temp fà, Mentan avìa un lavahoù e pran de defici ente cada valada.
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2. Traduction par l’auteure
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TENDRE NOSTALGIE
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D’ici, quand je pense à Menton,
je vois le contour gracieux d’un village aux maisons colorées
qui se reflètent avec fierté dans la grande bleue,
dans les Sablettes dont l’eau, calme souvent,
déroule éternellement par amour ses vaguelettes,
saluant avec respect tant de beauté, tant de douceur.
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D’ici, lorsque je pense à Menton,
je vois mon enfance, notre enfance libre,
nous, gamins du Fossan, entre marelle et carriole,
dans l’anxiété de l’an 2000 on a souvent refait le monde !
Nous avons grandi entre amis et petits amis, entre restanques et campagne,
vers le moulin et sa roue qui nous faisait balancer,
ou sous le grand lavoir pour s’abriter du mauvais temps !
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D’ici, depuis Marseille la géante, deuxième ville du Pays,
je pense à mon petit Menton,
mon premier, mon unique Paradis !
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A suivre et à bientôt. (sahm.diffusion orange.fr)


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