Société d’art et d’Histoire du Mentonnais
LE COIN DU MENTOUNASC DANS NICE-MATIN

Il était une fois Carnaval, par Ginette Olivesi-Lorenzi

Revirada en mentounasc par Solange Mongondry-Barberis
dimanche 13 février 2022 par Ginette OLIVESI-LORENZI, Solange MONGONDRY BARBERIS

IL ÉTAIT UNE FOIS CARNAVAL…
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Autrefois les fêtes de Carnaval s’étendaient de l’Epiphanie au Carême. « Carnaval », qu’on peut traduire par « qui prive de la chair », fait allusion à la fin de la consommation de la cuisine grasse avant la cuisine maigre du « Carême ». Le Moyen-âge donnait une ampleur particulière à ces fêtes. Dans notre région, à Nice, un carnaval est mentionné dès le XIIIème siècle. Dans la Principauté de Monaco, il faut attendre 1653 pour signaler la première manifestation carnavalesque.
Le jour du Mardi gras, les habitants parcouraient les rues, déguisés le plus souvent en femmes. D’autres, affublés de chemises de nuit, le visage barbouillé de suie, allaient au travers de la ville, un vase de nuit à la main. Des jeunes gens, coiffés d’un bonnet de nuit de coton, revêtus d’une longue chemise, tenaient par le coin un drap de lit et s’évertuaient à faire sauter un mannequin rempli de paille et de chiffon. Ils le rattrapaient en chantant « Barba Antoni, Barba Antoni ».
Les gens masqués se livraient à des batailles en utilisant les projectiles les plus divers : œufs pourris, farine de châtaigne, haricots et même citrons et oranges. Ce qui n’allait pas sans quelque danger. Le débordement populaire est tel qu’il faut, comme en 1726, que le gouverneur de Menton, Antoine d’Adhémar de Lantagnac, interdise les déchargements d’armes à feu au cours des cortèges carnavalesques.
Mais Carnaval c’était le règne de la folie et de la joie. Mille plaisanteries fusaient au milieu des défilés. Le « Barba Antoni » qui avait fait la joie du public, était ensuite porté sur la place du Cap où il était brûlé. La soirée s’achevait dans les cabarets voisins où l’on buvait force vin des coteaux. Le spectacle pouvait par ailleurs finir par des sauteries
Le premier carnaval de la conception moderne apparaît à Menton en 1876. Les chars, quelquefois animés, ainsi que les cavalcades et les grosses têtes, défilent dans le centre-ville. Des fanfares militaires, des sociétés de musique entraînent une foule où gens du pays et étrangers rivalisent d’ingéniosité et d’extravagance dans leurs déguisements et leurs masques.
Le dimanche, se déroulait le corso avec bataille de confettis de plâtre. C’était dangereux, désagréable. L’usage en fut rapidement aboli. Mais ce même soir, on se livrait plus joliment au jeu des « moucouletti » (petites bougies allumées que l’on tenait à la main). Le jeu consistait à éteindre la bougie du voisin et surtout de la jeune voisine. Le soir, c’était un beau spectacle, on aurait dit des serpents de feu décrivant des spirales dans la foule.
Le Mardi gras, les festivités se terminaient par l’embrasement, sur la plage, du char de carnaval. Un coup de canon clôturait le règne de la fête. Pas tout à fait car les bals masqués, ou veglione, se déroulaient un peu à part dans les salles de spectacle. Tout au long de ces jours de liesse, les repas entre amis, en famille, étaient de rigueur. Le plat symbolique était, comme en Provence, le beignet de carnaval.
En 1887, après un hiver long et rigoureux, le carnaval fut interrompu par le terrible tremblement de terre du mercredi des Cendres. C’était le 23 février. Menton va bientôt abandonner le carnaval et inaugurer la Fête du Citron.
Ginette Olivesi-Lorenzi
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CARLEVÀ D’UN TEMP...
Una vota re feste de Carlevà anavan da u Ré fint à Carerma. “Carlevà”, que vouhe di “Carn levàia” nou met’ en memòria que noun se manjava pu de carn e que fasian màigre tout ou temp caresimale. L’Age-Mejan dounava une granna empourtença ent’aquele feste. Da nautre, à Niça, un Carlevà ese mençiounà da ou XIIIeme sécoulou. Ent ou prenchipatou de Moùnigou, car asperà 1653 per signalà ra prima manifestacian de carlevà.
Ra vigìlia de Cenre, a gent anava ent’u camì mascarà ou pù souven en frema. D’àutre, viestì dame de camijhe da nuech, ou mourre scarabouchà de carige, anavan en vila dame un beringan en man. De jouhe, scofià d’un barreten de coutan, viestì dame una camijha longa, tenìan ou cant d’un linsoue e se sfourçavan de fa sautà un manequin pien de palha e de strasse. Puhi ou rechapavan en cantent « Barb’ Antoni, Barb’ Antoni… »
Ra gente mascaràia fasìa de batalhe en se mandent à coual, d’òu marche, farina de castagne, faijhoue e meme limoù e pourtougale. Tout acò pourìa esse dangerous. Ou desbourdament poupulari pourìa esse talament empourtant que carrìa, couma en 1726, qu’ou gouvernatoù de Mentan, Tounin d’Adhémar de Lantagnac, enterdishesse e squebujhàie ent’u courtege de carlevà.
Ma Carlevà era tamben ou regnou da matounarìa e da jòia. Tantu squerse sourgìan ent u courtege. Puhi ou « Barba Antoni » qu’avia encantà ou pùblicou era pourtà en piaça dou Cab douna era brujhà. Ra seràia se fenìa ent’e buvete douna se bevìa pran de ven de coulete. Ou spetàcoulou pourìa fenì en balet.
Ou primou carlevà couma se fà encuhi se vehe à Mentan en 1876. U carri, carque vote animà, re cavalcade e re grosse teste, defilan ent’ou chentrou da vila. De fanfare militari, de soucietà de mùsica stirassan un moundou fach da gent dou païs e de stranjìe que rivalisan de stravagança e d’engeniousità per traviestì-se e mascarà-se.
Ou duménigue, se fasìa ou corsò dame batalha de counfeti de gip. Era dangerous e despiejhent. R’usou ‘n’ese stach rapidament aboulì. Ma ra mema sera, jugavan au jueg de moucouletti (toquete de candere cendùe que se tenìan en man) Ou jueg era de desmoursì ra candereta dou vesen e encara mielhe aquela da pichouna vesina. Ra sera, era un belou spetàcoulou, semelhavan de bishe de fueg que fasìan de spirale ent’ ou moundou.
Ra vegìlia de Cenre, ra festa fenìa dame r’embrasament dou carrou de carlevà sus’ a spiaja. Una canounada destrahinava ou regnou da festa. Scaijhi ! I eran de balete mascarà que se tenìan ent’e sare de spetàcoulou ! Durant tout aquelu jorne de festa, re campagnate en familha eran abituale. Ou prat simbòlicou era, couma en Prouvença, u fraishoue.
En 1887, r’envern ese stach long e vihou e ou terramotou dou 23 de febrarou a destrahinà e feste de carlevà.
Mentan va abandounà Carlevà per rempiaça-rou per à Festa dou Liman.
revirada Solange Mongondry-Barberis


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