Société d’art et d’Histoire du Mentonnais
LE COIN DU MENTOUNASC DANS NICE-MATIN

E erbe de San Jouan - Les herbes de la Saint Jean

Des traditions de la Saint Jean...

Traditions…
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E ERBE DE SAN JOUAN
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R’estade arriba dam’a San-Jouan. Ma laishema Marcé Firpo cunta-nou un’ antiga usança : Ent’e campagne, per a vegìlia da San-Jouan, se fasìa de belu fuegue de jòia e ou lendeman, da boun’ oura, se mandavan garçoù e garçounete cercà ent’a cenre encara cauda de longue firamente biounde qu’una bela legenda desìa esse u cabelhe de San-Jouan-Batista e que pourtava chança.
Poque tempe fà, ra culheta de erbe de San Jouan era una pràtica courrenta. Acò se fasìa pran da boun’ oura ou 24 dou mes de San Jouan, avanch ou levà dou sourelh per qu’e piante poushessan servà-se r’aigalh pausà sus e soue fuelhe e sus e petale.
Re erbe de San Jouan creishan da sourete ent u prà : r’aquiléa, r’artemisa, ra sempreviva, ra léloura terrestre, ra margarita servàgia, r’erba de San Jouan, ra sàrvia... Ele moushan una particularità màgica e seran utilisàie per fà de medecine e de mascarìe. Cad’erba ha soua founcian particulari : proutejà u ome e re bèstie de marautìe, aumentà ra virilità, fachilità u parti, aluegnà u fuegue, ou marrì-uelh… Per r’aigalh precious, en fouara de loungà a vita, pourrerìa scassegà u diàu e levà ra marrìa poutença de piante venenouse.
Tout sierve : fioù, fuelhe, cambe, raïse, que siegan secàie, enfusàie, reduche en poudra, laishàie à bagn ente r’ueri o en tisana… U nouaishe vielhe counoushìan e qualità de cad’erbe e sabìan preparà-re per vive r’anàia sensa marautìa.
Ra man que cuelhe déu esse pura e meme ese counselhà d’anà à fà culheta dam’ u pé descausse e de caminà en raire vers a pianta dame un couté d’orou s’ese poussìbile ! Ese perqué caminan descausse qu’aquelu que cuelhan, caminent sus un’erba strana, perdan a memòria (couma ou spiegan ent’u cuenti tradiciounali). D’autre stòrie disan qu’una raça d’erba blu que canta ha ra potença màgica de roumpe ou ferre !
Ent’ a soua cansan « Una bela fioù », Georges Brassens cantava : « Puhi un jorn ela ha pilhà ra quiau du campi./ en me laishent ente r’àrima un mà funest / e toute re erbe de San Jouan / n’han pa poushù garì-me d’aquela pesta ».
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LES HERBES DE LA SAINT JEAN
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L’été arrive avec la Saint-Jean.
C’est le poète Marcel Firpo (1878-1973) qui nous conte une coutume ancestrale : Dans les campagnes, à la veille du 24 juin, s’allumaient les premiers feux de joie et, le lendemain, à la fraîche clarté de l’aube, on envoyait, garçons et filles remuer les cendres encore chaudes pour y chercher ces longs filaments blonds qu’une légende délicieuse disait être les cheveux de Saint-Jean-Baptiste et qui portaient bonheur.
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Il y a encore peu de temps, la cueillette des herbes de la Saint Jean était une pratique courante. Elle s’effectuait très tôt le 24 juin, avant le lever du soleil afin que les plantes gardent la rosée déposée sur les feuilles et les pétales.
Les herbes de la Saint-Jean poussent à l’état sauvage dans les prairies : l’achillée, l’armoise, la joubarbe, le lierre terrestre, la marguerite sauvage, le millepertuis, la sauge… Elles revêtent un caractère magique et seront utilisées pour réaliser des potions, des philtres et des charmes. Chaque herbe a sa fonction particulière : protéger les hommes et les animaux contre les maladies, augmenter la virilité, faciliter les accouchements, éloigner les incendies, le mauvais-œil… Quant à la précieuse rosée, outre sa qualité d’allonger la vie, elle aurait le pouvoir de chasser les démons et d’annihiler le pouvoir maléfique des plantes vénéneuses !
Tout est utilisé : fleurs, feuilles, tiges ou racines, à tour de rôle séchées, infusées, réduites en poudre, laissées macérer, sous forme d’huile ou en tisane… Nos anciens connaissaient les bienfaits de chacune de ces herbes et les préparaient pour passer une année à l’abri des maladies.
La main qui cueille se doit d’être pure et d’ailleurs il est conseillé d’aller à la cueillette pieds nus et de marcher à reculons vers la plante avec un couteau d’or si possible ! C’est à cause de ces pieds nus que certains cueilleurs, marchant sur une étrange herbe, perdent la mémoire (ainsi que le rapportent certains contes traditionnels).
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D’autres contes rapportent qu’une certaine herbe bleue qui chante a le pouvoir magique de briser le fer !
Georges Brassens‎ chantait, dans sa chanson « Une Jolie fleur : …Puis un jour elle a pris la clef des champs /En me laissant à l’âme un mal funeste / Et toutes les herbes de la Saint-Jean / N’ont pas pu me guérir de cette peste. »

Solange Mongondry et Jean-Louis Caserio


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