Société d’art et d’Histoire du Mentonnais
LE COIN DU MENTOUNASC DANS NICE-MATIN

Au mois de Mai, éveil de la nature et météo capricieuse, textes de J-L. Caserio et M. Naret

Ou belou Majou
samedi 21 mai 2022 par Jean-Louis CASERIO, Maurice NARET

LE JOLI MOIS DE MAI
.
Le mois de Mai est le mois du renouveau de la nature, consacré par l’usage de l’Arbre de Mai. C’est l’occasion pour les Mentonnais de se retrouver sous les oliviers du Pian pour « tourner le mai ».
Autrefois, dans tous les quartiers de la ville, sur les placettes, dans les ruelles, on plantait le mai et chacun avait à coeur de le faire le plus beau de tous. Autour d’un mât fleuri, sous un beau motif garni de guirlandes et de lanternes, de fleurs et de rubans, on élisait la reine du mai et l’on dansait tous les soirs au son d’un accordéon et autres instruments.
Une chanson officielle était consacrée au « Mai » et les poètes et chansonniers mentonnais : Louis Moreno, Eugène Granero, Marcel Firpo, Etienne Clérissi, Vincent Botta, Jacqueline Verdini, Marcel Viale, Maurice Naret, Auguste Maccari… nous ont donné leurs belles productions.
On a beau dire ailleurs, « En Mai, fais ce qui te plait », à Menton l’antique sagesse nous recommande de nous méfier des giboulées de mai, ces ondées intempestives entrecoupées de quelques rayons de soleil. Si le mois de Mai consacre le renouveau de la nature, l’inquiétude gagne le paysan qui craint ses brusques sautes d’humeur pour sa campagne et ses cultures. C’est pour cela qu’il demande protection à Saint Isidore, son Saint Patron.
Jean-Louis CASERIO

UN JOUR DE PRINTEMPS DANS NOS COLLINES
Toutes les herbes des campagnes brillent d’un vert tout neuf et ondulent doucement sous la brise. Les lilas ont succédé aux mimosas. Le seringa est en fête et distille ses parfums envoûtants. Les platanes de l’avenue se plaisent à prodiguer une ombre bienfaisante tandis que, des acacias, tombe la neige parfumée de leurs pétales. Ceux-ci sont déjà –comme vos trente ans– emportés par un coup de vent inattendu. Tout cela est grisant pour celui qui sait se régaler de ces parfums éphémères.
Une touffe de primevères me confie qu’elle est bien seule dans ce vallon secret et me dit qu’il lui arrive de bavarder avec le fil de l’eau, celui même qui faisait jadis tourner le moulin de Marcel.
Des visiteurs ? Très peu, les jours rares et gris, mais dès les premières clartés du printemps, les papillons et le poète se penchent sur elle à la recherche de sucs connus d’eux seuls. Tout ce que vous me chantez là est bien agréable mais relève de loisir et du rêve, sans doute pour fuir la réalité quotidienne.
Par cette belle fin de journée, je redescends à pied de ma campagne. Je suis allé désherber un peu, puis arroser les févettes. Je me suis régalé du chant du merle qui égayait finement cette fin de journée.
Puis la nuit est arrivée lentement. Les grenouilles ont commencé à bavarder d’un bassin à l’autre tandis qu’une insistante odeur de jasmin m’entoure subtilement et m’aide à rentrer vers la ville en me parlant tout doucement des choses d’un temps passé.
Maurice NARET

OU BELOU MAJOU

Pèr ou mes de majou a natura repilha fouarça. Ese r’oucasian de retrovà-se souta u aurevìe dou Pian e virà ou majou. D’un temp, a jouventura virava r’Erbou de Majou. Ente tout u cante da vila, s’e piacéte, ent’u carrouge se piantava ou Majou e cada-en vourìa avé ou pu belou de toute. A r’entorn d’una biga fiourìa, souta un belou moutivou engarnì de grilande e de lanterne, de fiouréte e de ribounéte, eliegìan a regina dou Majou. Païsà e pescahoù, mestierante e empiegà balavan u brandi tout’ e sere acoumpagnà da jorgina du musicante e autre strumente. Una cansan scricha pèr un poueta o cansounìe era eliegìa cansan ouficiala dou Majou. Louis Moreno, Eugène Granero, Marcel Firpo, Etienne Clérissi, Vincent Botta, Jacqueline Verdini, Marcel Viale, Maurice Naret, Auguste Maccari… an dounach de béle prouducioù.
I n’ha d’aquelu que disan « Pèr Majou, pouhe fà ço que t’apieijhe ». Mà à Mentan car marfia-se de frasque de Majou, aquele ramàie vioulente que vou scouran fint’u ouasse. S’ou mes de Majou es a festa de fioù, ou paìsan vive ent’a crenta pèr a soua campagna, e soue culture. Ese pèr acò que demanda a proutecian de Sant Isidorou, ou Sant Patran du campagnoli. (JL Caserio)
Un jorn de primavera ent’e couale-noaishe
Toute e erbe de campagne lusan d’un verd nòu e oundejan pian-pian sout’a brisa. U lilà han suchedù à u mimousà. Ou serengà es en festa e destila u se proufume enmascante. E platane de r’avengùa han pieijhé de dounà-nou un’oumbra que fa de ben en tant que da u cassìe cara a néu audouranta de soue petale. Aqueste san dejà – couma u voaishe trent’anne – levàie tout en un còu da un coarp de vent.Tout acò es embriagant pèr qù sa regalà-se d’aquelu proufumi d’un moument. Un cousp de primavere me counfîa qu’ese ben souret ent’aquelou valan secrét e me di que de vote chalabrouna dam’ ou valounet, aquelou que d’un temp fasìa girà ou defici Marcé.
De vijhitoù ? Pran poc u jorne ra e grise, ma dam’ e prime quiaroù da primavera, u parpalhoù e ou pouèta se quinan susa da elou à ra recerca de shug qu’elu sourete counoushan. Toute ço que me canté ailì ese ben agreàbile ma partene au temp lìberou e au soann, de segù pèr scapà da realtà de cada jorn. Pèr aquela bela fen d’una journàia d’abrì, recarou à pe da mìa campagna. Su anach à levà un poc d’erba puhi à aigà e favete. Me su shalà dame ou cant dou merlou que ralegrava ra fen d’aquestou jorn.
Puhi ra nuech es arribàia pian-pian. E granoulhe han coumença à parla-se d’una pesquiéra à r’autra aloura que r’audoù persistenta dou jaussemen m’envirouna dame finessa e m’ajuha à revenì en vila en me parlent dame douçoù de cause dou tempe passà.
(revirada da Solange Mongondry)


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