Société d’art et d’Histoire du Mentonnais

Il y a 70 ans demain… LA CATASTROPHE DU 24...

samedi 23 avril 2022 par Ginette OLIVESI-LORENZI, Jean-Louis CASERIO

Il y a 70 ans demain…
LA CATASTROPHE DU 24 AVRIL 1952
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Ce 24 avril, la pluie ne cesse de tomber en averses si abondantes qu’il est devenu difficile de sortir et d’avancer dans les rues… C’est l’inquiétude, puis l’angoisse quand retentissent les premières sirènes, quand les éboulements tragiques dans les vallées surviennent…
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Il est 17 h30, un craquement sinistre annonce la catastrophe : un glissement de terrain dans la Vallée du Careï. Deux maisons se mettent à chanceler, puis elles s’effondrent dans un bruit épouvantable. Ceux qui assistent, impuissants, à ce spectacle croient alors que la colline va s’abattre sur eux.
Vers 18 h30, dans le même secteur, un autre craquement assourdissant retentit, c’est la villa de la famille Corradi qui est précipitée dans le torrent. La route qui longe la berge sur la rive gauche est éventrée. Tout un pan de mur s’abat comme sous l’effet de quelques coups de boutoirs gigantesques. On peut retirer de la masse de pierres un homme et une femme, grièvement blessés, qui supplient que l’on dégage leur fille de 11 ans. Hélas ! La pauvre enfant est ensevelie sous les gravats…
Le maire Parenthou Dormoy, s’alarme et alerte la préfecture de la gravité de la situation. Il se rend immédiatement sur les lieux du sinistre avec l’ingénieur de la ville, Pascal Molinari. A ce moment, les rues de la ville sont transformées en fleuves. L’Aquassoma, le torrent canalisé en égout qui traverse la ville du nord au sud, vient d’éclater. De gros éboulements se produisent alors dans toutes les vallées. L’éboulement de la maison Giordan au Careï a entraîné deux immeubles et causé la mort de 4 personnes. Un autre éboulement au Borrigo fait un mort.
Le torrent du Careï en furie, emporte tout sur son passage. Mireille Taulaigo, 17 ans, excellente nageuse, venait de sauver la vie des enfants Schimizzi avant d’être elle-même jetée dans le torrent et emportée jusqu’à la mer par les eaux tumultueuses, où elle a été recueillie par les marins d’un destroyer américain en rade de Menton. Hélas la malheureuse devait mourir dans la nuit à l’hôpital de Menton… Le gendarme René Levray et d’autres personnes, avaient, en vain, tout essayé pour lui porter secours avant de la voir disparaître sous la partie couverte du jardin Biovès…
Trois autres personnes sont emportées par la vague de boue. Jean Filippi, père de trois enfants, est venu offrir son aide. On le voit monter au flanc du coteau pour aller secourir un ami en difficulté. Puis, tout à coup, une poche d’eau crève, juste au-dessus de lui et un flot de boue l’emporte et le rejette 50 mètres plus bas, dans le lit du torrent.
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Les principales causes du sinistre résident dans les pluies torrentielles durant 3 jours après une très longue période de sècheresse (240 litres sont tombés sur 1 m2 de terre en 72 heures). Le déboisement a contribué aussi à cette catastrophe…
Aujourd’hui les murs des restanques ont été renforcés, les ruisseaux, les collines drainés. On a replanté des citronniers et l’arrachage des oliviers est désormais interdit. Les vallées meurtries ont retrouvé vie.
Ginette Olivesi et Jean-Louis Caserio
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RA CATASTROFA DOU 24 D’ABRÌ 1952
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San 5 oure e mieja de r’apréss diernà. Un scrushament funest anounça ra catastrofa : una lisha ent a Valada dou Caréi. Doue case coumençan de tremourà puhi se proufoundan dame un bourdelou spaventous. Aquelu qu’assistan ent aquelou spetàcoulou, sensa pouré fà ren, se crean qu’a coulina sta per carà-ri à coal.
Vers 6 oure e mieja, ent ou meme cantan, un autre scrushament embalourdishent se fa sentì : ra vilà da familha Corradi ese percipitàia ent ou valan. Ou camen en riba seneca dou valan es desfoundourà. Una granna partìa da muralha s’afounda couma se auguessa rechevù quarque pran grosse còu de massa .Dou mitan de peire, han poushù sourtì un ome e una frema, gravament ferì, que suplican qu’a soua filha de ounze anne siegue desgajàia tamben ela. Pecà ! Ra paura garçouneta ese sepelìa souta u gipasse….
Ou mera Parenthou Dormoy ven sùbitou dame r’engegnìe da Vila Pascal Molinari. Ent aquelou moument, u camì san devengù de fioumi. R’Aquassoma , valan canalisà que passa d’aqui en là dou nord au sud da Vila, ha chopà. Ente toute valade i san de pran grosse councasse dame de moarte.
Ou Caréi en furìa se poarta-via tout. Mireille Taulaigo, 17 anne,que sà pran ben nouhà, apréss avé servà u enfante Schimizzi ese stacha à ou sen virou percipitàia ent ou valan e pourtàia-via fint à marina douna de matalò americà r’han rejounta. Malerousament ese moarta ent a nuech à r’ouspità de Mentan…. Ou gendarme René Levray dame d’autre han provà de douna-ri ajutou ma r’han vista despareishe souta dou Jardin Biovès sensa avé poushù servà-ra….
Tre autre persoune san stache pourtàie-via per r’ounda de nita. Jean Filippi, paire de familha, ha voushù ajuhà ‘n amig. Ma, tout en un còu una « bourniera d’aiga » ha chopà just soubra da elou e un’ounda de nita se r’ha pilhà per jetà-rou ent ou valan 50 metre en ju.

Perqué aquela catastrofa ? Ra prima rajan san ru tre jorne de chavane (240 litre per qua de metre carrà ente 72 oure) apréss una granna secaressa. Puhi ou desboascament e re riane de couline mar tratenìe.
Ancuhì ese enebì de rancà u aurevìe, re muralhe de fàishe san stache renfourçàie e re riane san desseccàie. Re valade revivan.
Revirada Solange Mongondry Barbéris
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Les victimes de la catastrophe :
Mireille Taulaigo, Jean Filippi, Madeleine Mathiot, Alexandra Sismondini, Auguste Sismondini et son épouse, Mme Giordan et sa petite fille Corradi, Mme Alunni (dont le corps a été retrouvé au large de l’île du Levant), l’épicier Jagost, Charles Giordan (dont le corps fut retrouvé 37 ans plus tard – août 1989 – enfoui à un mètre de profondeur à proximité de sa propriété).

Mémoire
En avril 2002, la SAHM s’était associée à la Commune Libre du Careï pour la cérémonie du 50e anniversaire de cette catastrophe. A l’issue de la messe célébrée à la chapelle Jeanne d’Arc en présence de M. et Mme Jean Claude Guibal, Député-maire de Menton, les fidèles présents se sont rendus au jardin Mireille Taulaigo, en hommage à cette jeune fille, symbole et victime courageuse de cette tragique journée. Des gerbes furent déposées et notamment celle de Larry-L Paxon, l’officier de marine américain qui avait recueilli au large le corps de Mireille.


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